Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Construction de villas: la fin du laxisme

La Suisse, qui dispose de paysages parmi les plus somptueux de la planète, n’a pas réussi à dompter la folie des acteurs immobiliers dont on ne retiendra que leurs piètres réalisations. Au fil des décennies, la construction de dizaines de milliers de villas a complètement défiguré le Plateau et enlaidi de nombreux villages. 

Le peuple a fini par mettre un terme à l’incapacité des collectivités publiques à agir pour limiter le grignotage continu de la zone agricole. Depuis le 1er mai 2014, la nouvelle loi sur l’aménagement du territoire (LAT) oblige les cantons à redimensionner les surfaces à bâtir excédentaires. 

Moins de zones à bâtir

Cette révolution a des conséquences importantes pour les communes, les propriétaires et les acteurs immobiliers. D’abord, les plans directeurs cantonaux contraindront les communes à dézoner une partie parfois très importante de la zone à bâtir. 

Une question sensible en Suisse romande où les cantons de Vaud et du Valais rejettent la faute sur une administration fédérale jugée trop rigide. On préfère accuser les fonctionnaires bernois plutôt que les acteurs politiques locaux dont la largesse permettait de récolter de précieux soutiens. 

Le dézonage ne sera pas forcément une mauvaise affaire pour les communes. Dans les régions périphériques, la hausse du nombre d’habitants a généré des dépenses d’infrastructure importantes, alors que les recettes fiscales n’ont pas progressé dans le même temps.

En revanche, pour les nombreux propriétaires qui ont préféré thésauriser leurs parcelles, l’incertitude est grande. Les fonds d’indemnisation destinés à compenser les pertes de valeur des terrains qui retourneront en zone agricole seront insuffisamment dotés.  

Quelles conséquences?

Pour les acteurs immobiliers, une nouvelle ère s’ouvre. Le recul du nombre de constructions de villas qui a déjà commencé va se poursuivre à l’avenir avec le redimensionnement des zones à bâtir, le changement de générations davantage portées sur la propriété par étage et le vieillissement démographique. 

A l’avenir, l’habitat se concentrera davantage dans les zones urbaines et à proximité des transports publics. La densification du territoire poussera probablement les prix des parcelles et des logements les mieux situés à la hausse. Ce qui risque d’aggraver la ségrégation spatiale entre les plus nantis et les plus démunis. 

Ce n’est pas la LAT qui a mis un terme au rêve de la villa à la campagne sur une grande parcelle, mais l’explosion des prix des terrains qui a fortement limité les ambitions de la classe moyenne. 

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