Chantal De Senger

JOURNALISTE

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l’Université de Genève. Elle débute sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Journaliste depuis 2010 pour le magazine Bilan, elle est spécialisée dans les PME. En grande amatrice de vins et gastronomie, elle est également responsable du supplément Au fil du goût encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal contribue par ailleurs régulièrement aux suppléments Luxe et Immo Luxe de Bilan.

Consommons intelligemment!

Stop aux ayatollahs du bio! Même si nous sommes convaincus de la nécessité de manger des produits naturels, de bannir les pesticides, préserver la nature, veiller à la biodiversité et surtout ne pas engraisser des firmes telles que Monsanto, il ne faut pas exagérer. Essayons de trouver un compromis entre le tout-bio et le tout-chimique. C’est comme pour l’être humain: il faut éviter au maximum les médicaments mais les antibiotiques, en cas de grosses bactéries, peuvent s’avérer salvateurs. Alors, mangeons et soignons-nous de manière intelligente! Surtout lorsque l’on sait que nos fruits et légumes produits de manière conventionnelle en Suisse sont presque irréprochables.

En effet, il faut rappeler que cela fait plus de trente ans que la Suisse est pionnière au niveau de l’agriculture en production intégrée (PI), un concept développé par le Dr Mario Baggiolini de la station de recherche agronomique de Changins à Nyon (VD) avec l’aide des arboriculteurs de l’arc lémanique. Cette pratique vise à utiliser le maximum de moyens naturels dans les différents secteurs agricoles. Dès 1993, la politique agricole a imposé «les prestations écologiques requises» comme condition à l’octroi de paiements directs. Un mobile économique couplé de motivations idéologiques qui ont poussé les producteurs à être extrêmement respectueux de la santé et de l’environnement. Ainsi, nos méthodes de production sont parmi les plus strictes au monde, ce qui garantit une qualité irréprochable de nos produits du terroir. 

Depuis quelque temps, les acteurs du secteur parlent d’agro-écologie, un concept qui va encore plus loin. L’idée est de respecter de façon inconditionnée l’environnement. Cela est très prometteur pour l’avenir de notre agriculture et des produits que nous consommons. Il s’agit de limiter au minimum tout intrant de synthèse dans la production, mais sans négliger les rendements. Les producteurs doivent pouvoir vivre de leur travail, donc l’utilisation ultramodérée de produits chimiques doit être tolérée. 

Aidons-les en privilégiant la consommation de produits du terroir, de proximité et de saison plutôt que d’acheter aveuglément des produits bio étrangers. Certes, le must, c’est le bio local. Mais si les produits locaux ne sont pas bio, ce n’est pas si grave. Parce que c’est une aberration écologique et économique de manger des fraises bio provenant d’Espagne plutôt que les fruits de notre région.

Sans compter que nous sommes passés de l’ère du bio idéologique à l’ère du bio économique! En effet, ce secteur est devenu un marché juteux pour les producteurs et les distributeurs. Tant mieux pour eux. On tousse un peu pour les consommateurs qui doivent dépenser plus pour manger mieux (la production est plus risquée et plus onéreuse). Une raison de plus de  privilégier nos produits du terroir!

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