Banquiers anonymes

Bud Fox et ses acolytes dévoilent les dessous de la place financière genevoise. Ce collectif de banquiers anonymes a décidé de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas.

Consolidations à Genève: 1 de plus!

Comme l’annonçait déjà Bilan il y a de cela plus de 2 mois, le secret de polichinelle tombe officiellement aujourd’hui grâce à Guy de Picciotto dans Le Temps: la Lloyds cède ses activités de Private Banking pilotées depuis Genève à l’UBP.

On comprend aisément que la corne d’abondance d’hier s’est maintenant transformée en épine dans la patte du mastodonte anglais, et qu’il valait mieux se défaire de ces 10 petits milliards d’actifs sous gestion avant que quelque chose de mauvais (un Cahuzac anglais, un contribuable américain…) n’en sorte. En outre, ils ne font qu’appliquer leur récente stratégie de se recentrer sur leur spécialité dans leur pays d’origine.

Le marché déjà morose de l’emploi bancaire (augmentation de 73% des chômeurs entre avril 2012 et avril 2013 selon le quotidien Le Temps) sera prochainement inondé de doublons générés par cette opération, ce qui permettra aux “recruteurs” de travailler pour de vrai, plutôt que de passer leur temps à harceler des équipes en poste ou de faire des phishing calls, du moins on l’espère. On espère surtout que ces stars des RH auront une vision qui va plus loin que leur grasse commission de placement et ne les enverront pas vers le prochain sur la liste!

On le sait, et on l’a déjà dit, l’attrait d’avoir une petite filiale en Suisse a fondu comme peau de chagrin depuis quelques temps. Un peu la manière de l’aventure conjugale de mon collègue, c’était sympa au début et ça apportait une alternative et des bénéfices, mais au moment où ça commence à présenter des risques chez soi il vaut mieux s’en séparer. Dernière nouvelle en date: la Suisse est apparue sur la liste des paradis fiscaux de l’agence française de développement, ce qui ne nous change pas grand chose, cette dernière devra simplement se passer de fonds provenant des filiales locales de la BNP, SG ou encore Crédit Lyonnais.

On a en tout cas une pensée pour les collaborateurs impactés par ce changement en souhaitant que ceux qui restent comme ceux qui devront partir soient bien traités, et l’on ne peut s’empêcher de penser également à cette phrase que l’on entend de plus en plus, que personnellement je déteste et surtout que le Last Banker Standing devra bannir de son vocabulaire:“Bosser dans une banque, c’est plus ce que c’était”.

 

The Last Banker Standing

 

 

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