Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Comment soutenir la classe moyenne

On peut faire dire ce que l’on veut à une statistique. En jonglant avec les déciles, les quartiles, les quintiles, la médiane et la moyenne, la réalité est diverse. C’est ce que montre l’évolution du pouvoir d’achat de la classe moyenne au cours de ces dix dernières années. Contrairement au sentiment largement partagé dans la population, celui-là ne s’est pas globalement détérioré. Mais les disparités entre les moins bien lotis et les plus riches se sont aggravées. Du côté des gagnants figurent en gros les salaires élevés et les ménages qui sont restés locataires ou qui ont profité d’acquérir un logement avant la flambée des prix. Du côté des perdants se trouvent surtout des jeunes familles à la recherche de leur premier logement dont la cherté a fait exploser leur budget.

Il faut agir

Avec le tassement de la croissance et la révolution technologique qui commence à toucher le marché du travail se pose la question de la qualité des conditions de vie d’une majorité de la population. D’aucuns craignent une lente mais inexorable dégradation selon le modèle américain. Or le pire n’est jamais certain. Encore faut-il agir. C’est d’autant plus important que la classe moyenne est le moteur principal de l’activité économique.

Aujourd’hui, le modèle social et fiscal développé au fil des décennies est de moins en moins adapté pour corriger les inégalités. Le système est devenu si complexe que personne ne parvient à mesurer l’impact réel de la politique de redistribution des revenus. Les réformes qui ont été entreprises ou projetées visaient d’abord à permettre aux acteurs politiques de répondre aux besoins de leur propre clientèle électorale plutôt que de chercher à satisfaire l’intérêt général de la population.

Changeons de régime d’imposition

La recherche d’une plus grande équité nécessite un changement radical de l’imposition des revenus des personnes physiques. Celui-là passe par un régime de taxation à taux unique (la flat tax). Selon le professeur émérite de finances publiques Bernard Dafflon, qui prône un tel système fiscal depuis de nombreuses années, ses avantages sont nombreux: «Accompagnée d’une vraie politique redistributive, une flat tax résoudrait la question de l’unité contribuable (individuelle ou ménage), réduirait la soustraction fiscale puisque à taux unique elle pourrait être prélevée à la source, et simplifierait considérablement les tâches administratives de déclaration fiscale et de contrôle.»

La classe moyenne a tout à gagner d’une politique fiscale et sociale lisible et équitable. Reste à convaincre la classe politique. Un défi insurmontable? L’avenir le dira.

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