Banquiers anonymes

Bud Fox et ses acolytes dévoilent les dessous de la place financière genevoise. Ce collectif de banquiers anonymes a décidé de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas.

Comment les bonus des employés bancaires fondent

Sous pression, les banques en Suisse cherchent par tous les moyens à améliorer rapidement leur rentabilité. L'un d'entre eux: la baisse de la rémunération des employés.

Les rémunérations subissent des cures sévères d’amaigrissement (pas pour tout le monde, je vous rassure, les hauts dirigeants sont toujours aussi bien payés, si ce n’est pas mieux encore).

Lorsque j’ai quitté le monde merveilleux des banques, une partie de ma rémunération, comme pour beaucoup de mes collègues, était constituée d’une part fixe et d’une part variable plus communément connue sous le terme de bonus discrétionnaire. Cette part variable, fonction de résultats plus ou moins subjectifs, peut facilement atteindre plusieurs mois de salaire ou plus. Les banques aiment payer cette part en cash mais surtout en actions, dans l’espoir de fidéliser leurs employés.

La Finma, gendarme des marchés financiers, a publié en 2009 des normes minimales concernant les systèmes de rémunérations dont voici un passage (que j’adore) : « Nombre d’établissements octroient déjà aujourd’hui une partie des rémunérations de manière différée. A titre d’exemple, citons les actions bloquées ou les options. » En clair, vous n'allez pouvoir percevoir une partie de votre rémunération que dans plusieurs années, de deux à cinq ans, voire plus selon les banques.

Le but: encourager les employés à ne pas prendre trop de risques, mais aussi à contribuer sur le long terme au succès de la banque dans l’espoir de voir évoluer positivement le prix de l’action. Ce qui n’est pas dit, c’est que la part payée en actions est calculée sur le cours de l’action au moment même où on vous l’annonce.

En observant l’évolution depuis octobre 2009 des actions comme UBS ou Credit Suisse, vous comprendrez que votre rémunération a baissé de 6.5% dans le cas d'UBS, et de plus de 50% pour le Credit Suisse. Alors qu’il y a quelques années on se scandalisait de ces rémunérations (je vous l’accorde, il y a eu des abus)... Mais, je vous le demande, connaissez-vous beaucoup de politiciens qui seraient d’accord d’être rémunérés de la sorte... et qui accepteraient une baisse de 50% d’une part non négligeable de leur rémunération ! I don’t think so.

Jean Bond

theindependenter@gmail.com

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