Waldvogel Christian

DIRECTEUR ASSOCIÉ DE RENAISSANCE FONDATION ET MANAGEMENT

Titulaire d’un doctorat de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zürich et d’un Bachelor of Science and Engineering de Princeton University, Christian Waldvogel est directeur associé auprès de Renaissance Fondation & Management depuis 2003 (fondation de placement dédiée au financement des PME suisses non cotées, majoritairement dans les cas de successions familiales et rachats industriels). Il a précédemment dirigé les activités d’investissements du groupe Intel en Europe de l’ouest. Il bénéficie également d’une expérience opérationnelle et managériale dans l’industrie du semi-conducteur (Intel) et télécommunications (Eutelsat). Dans sa chronique, il se penche sur le vaste domaine du private equity, son environnement et ses tendances en matière de fonds de placements.

Et si vous repreniez une entreprise au lieu de la créer ?

Les innombrables initiatives et programmes de financement de start-ups peuvent donner l’impression que la création d’entreprises est la seule voie vers l’entrepreneuriat.

Or, les statistiques dressent un tableau relativement différent : quelques 40’000 nouvelles entreprises sont créées chaque année, alors que plus de 600’000 entreprises sont déjà établies.

Parmi elles, nombreuses sont celles qui recherchent un repreneur, qu’il s’agisse d’un cas de succession ou d’un rachat d’une division ou d’un département (spin-offs ou carve-outs) issus de grands groupes.

Une véritable voie d’avenir pour l’entrepreneuriat

Par conséquent, celles et ceux qui ne souhaitent pas démarrer de zéro, impliquant le premier développement de produits ou services puis la construction d’une chaîne de valeur, peuvent se tourner vers la reprise d’une entreprise au lieu de la créer. La reprise d’une entreprise solide, ayant déjà fait ses preuves durant ses différents cycles de vie et présentant un potentiel de croissance, représente une véritable opportunité à saisir.

Eviter l’exportation et la délocalisation du « Swiss made »

De plus, l’économie suisse a tout à gagner de telles transactions, les emplois, la valeur ajoutée et le savoir-faire existants étant ainsi préservés et la place économique suisse s’en trouvant renforcée.

Seules deux successions sur dix se réalisent par des acheteurs internes à l’entreprise (management buy-out). Dans quatre cas sur dix, l’entreprise est vendue à des acheteurs externes, financiers ou stratégiques. Il est donc fréquent que de nombreuses entreprises suisses se retrouvent en mains étrangères, augmentant ainsi le risque de délocalisation des emplois vers d’autres pays et entrainant en conséquence une perte de valeur ajoutée et de savoir-faire.

Le Private Equity : un partenaire de choix pour les dirigeants en quête de financement

Les entreprises ne sont jusqu’à présent que rarement reprises par leurs dirigeant-e-s existant-e-s et cela n’est pas le fait d’un manque de courage ou de compétences. On peut plutôt supposer que racheter une entreprise dépasse les possibilités financières des dirigeant-e-s et que, quand bien même le capital nécessaire était trouvé, les moyens manqueraient pour développer durablement l’entreprise.

Les sociétés suisses de Private Equity, se positionnant comme des partenaires financiers à long terme des PME suisses, peuvent jouer un rôle important dans ce domaine. En tant qu’investisseurs actifs, ils siègent au conseil d’administration, apportent leur expérience stratégique et leur réseau, favorisant ainsi le développement durable et la croissance des entreprises en Suisse.

Quel type de partenaire Private Equity choisir ?

Les fonds de Private Equity classiques, dits « fermés », ont une durée d’investissement limitée. Cette contrainte les oblige à revendre rapidement leurs participations, typiquement dans les quatre à six ans après leur entrée au capital d’une PME. De tels changements actionnariaux représentent souvent une source d’instabilité à plusieurs niveaux tels que la direction, les employés, les clients et même les fournisseurs.

Une alternative aux fonds fermés s’est développée récemment et rencontre un vif succès auprès des entrepreneurs : les fonds dits « ouverts » - en anglais « Evergreen » - sont en effet très intéressants. En tant que fonds de placement dont la durée d’investissement est illimitée, ils offrent une vision d’évolution stable et à long terme aux entreprises, en reproduisant le cadre actionnarial étant à la base du succès de nombreuses entreprises en mains familiales.

Dans le prochain article, nous présenterons un cas concret de reprise d’une PME suisse centenaire par leurs dirigeants avec le support financier d’une fonds de Private Equity.

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