Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

CHOIX/Que reste-t-il à voir des expositions suisses de l'été? Douze propositions

Crédits: Site du Mamco

«Un clou chasse l'autre,» disait Voltaire en reprenant le poète du XVIIe siècle Vincent Voiture, qui s'inspirait lui-même de Cicéron. Les expositions de l'automne ont déjà fait oublier celles du printemps et de l'été. Certaines d'entre elles poursuivent néanmoins leur course. En voici un petit choix. J'ai éliminé celles que je n'aime guère. Je n'ai pas davantage inclus celles qui ont commencé leur carrière en août et dont j'ai récemment parlé. 

Bâle

Michael Landy, Out of Order. L'Anglais, né en 1963, s'est fait connaître par une action menée dans un ex-grand magasin de Londres. Il a alors détruit tous ses biens, passeport compris. Le Museum Tinguely montre à la fois les traces de ses performances et ses dessins ou gravures (portraits, études botaniques), au trait résolument classique. (Jusqu'au 15 septembre, site www.tinguely.ch)
Sculpture on the Move. Pour sa réouverture, le Kunstmuseum présente, dans sa nouvelle aile et au Gegenwartsmuseum, l'art en trois dimensions depuis 1946. C'est le pendant du «Painting on the Move» de 2002. Le parcours est réussi. Il va des derniers classiques que sont Moore ou Giacometti aux expérimentations actuelles. (Jusqu'au 18 septembre, site www.kunstmuseumbasel.ch

Coire

Solo Walks. La marche dans tous ses états. Avec comme introduction quelques pièces anciennes, la première exposition du Bündner Kunstmuseum agrandi propose un panorama du XXe siècle. Il y a aussi bien là les micro-textes de Robert Walser qu'un bronze célèbre d'Alberto Giacometti en passant par les photos d'une action immersive de Roman Signer. (Jusqu'au 23 octobre, site www.buendner-kunstmueum.ch)

Genève

Récit d'un temps court. La première série d'expositions de la gestion Lionel Bovier au Mamco comprend une série de présentations monographiques et une belle exposition sur les rapports entre Genève et New York dans les années 1980. C'est près et c'est déjà loin, les "eighties"... La chose s'intitule «GVA-JFK», pour reprendre le sigle des deux aéroports de liaison. (Jusqu'au 4 septembre, www.mamco.ch)
Passionnément céramique. Frank Nievergelt montre une partie de son ensemble de quelque 900 pièces de céramique contemporaine, suisse et étrangère. Pas étonnant qu'il faille le sous-sol et les salles temporaires du premier étage de l'Ariana pour proposer cette sélection. Notons que celle-ci a presque entièrement fini en donation au musée. (Jusqu'au 25 septembre, site www.ariana.geneve.ch)

Lausanne

Basquiat, Dubuffet, Soulages... Et les autres! Depuis les années 1950, un collectionneur français installé en Suisse acquiert de l'art contemporain, plus quelques pièces anciennes. Une partie de cet ensemble inédit se voit présenté cet été à l'Hermitage. Le choix a porté sur des groupes d'oeuvres plutôt que sur des pièces isolées. (Jusq'au 30 octobre, site www.fondation-hermitage.ch)
Piero Manzoni, Achromes. Mort à 29 ans en 1963, le Milanais a produit en très peu de temps un oeuvre révolutionnaire. C'est celui du «toujours moins». Ses premières pièces sans couleurs respectent encore une certaine esthétique. Les dernières pas. Le Musée cantonal des beaux-arts en a ici réuni un ensemble très important. (Jusqu'au 25 septembre, site www.mcba.ch

Martigny

Picasso, L'oeuvre ultime. Picasso rencontre en 1954 Jacqueline Roque, qui deviendra sa seconde épouse. Leur union coïncide avec un jaillissement ininterrompu de gravures et de peintures, incomprises à l'époque. De cette masse, la Fondation Gianadda propose des pièces maîtresses comme des productions plus hâtives, voire un peu bâclées. (Jusqu'au 20 novembre, www.gianada.ch)
Les couleurs du paradis perdu. La montagne valaisanne est vite apparue au reste des Suisses comme une réserve d'Indiens à protéger des méfaits de la civilisation. Après «l'école de Savièse» sont venus les photographes. L'exposition de la Médiathèque propose des images en couleurs allant des premiers autochromes jusqu'aux années 1960. (Jusqu'au 23 décembre, site www.mediatheque.ch

Nyon

Le voyage aux Indes. De 1740 à 1780, de riches familles suisses patriciennes ont commandé leur service de table armorié en Chine, via les compagnies des Indes. Certains ensembles ont subsisté intacts. D'autres se résument aujourd'hui à quelque pièces isolées. Cette ravissante exposition les replace dans leur contexte au Château. (Jusqu'au 23 octobre, site www.chteaudenyon.ch)

Vevey

Origines et horizon. Nestlé collectionne. Occupant depuis les années 50 un bâtiment novateur à l'époque (il est de Jean Tschumi), la multinationale a commencé par décorer ses nouveaux bureaux. Puis elle a acheté, sur un pied assez modeste, en entente avec le Muée Jenisch. Ce dernier offre aujourd'hui un panorama de ce fonds d'entreprise. (Jusqu'au 2 octobre, www.museejenisch.ch

Zurich

Jardins du monde. Situé lui-même dans le plus beau parc de la ville, le Museum Rietberg se consacre depuis plusieurs mois aux jardins. Le parcours part de l'Egypte antique pour finir aujourd'hui, avec des haltes en Chine, au Moyen-Orient, en France ou en Angleterre. C'est presque trop riche. L'Inde se trouve logée dans la Villa Park-Rieter voisine. (Jusqu'au 9 octobre, site www.rietberg.ch)

Photo (Mamco): Une vue de "Récit d'un temps court". Au premier plan, un Mai-Thu Perret.

Prochaine chronique le 1er septembre. Deux livres d'images.

 

 

 

 

 

 

 

 

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