Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

CHOIX/Les expositions suisses actuelles que j'aime et que je n'aime pas

Crédits: Hanna Hösch/Museum Rietberg

J'aime. J'aime pas. Le choix reste plus large ici que dans les réseaux sociaux, où il n'est plus permis que d'adorer ou de se la coincer. Je vous propose un nouveau choix d'expositions suisses. Il est clair que je n'ai pas tout vu à travers le pays. Ce serait impossible. Le calendrier tourne en plus de manière impitoyable. Certaines manifestations se terminent, alors que d'autres tardent à commencer. La règle du jeu reste la même que dans les autres chroniques de ce type. Cinq coups de cœur. Cinq choix raisonnés, pour ne pas dire raisonnables. Et cinq rejets personnels. Chacun a après tout ses goûts. 

Les cinq coups de cœur

Bruno Pélassy au Mamco de Genève. Mort en 2002, le Niçois fait l'objet d'une rétrospective supérieurement mise en scène. Des petits monstres sont posés sur le sol d'une salle inaccessible au public, alors que d'autres pièces tournent dans des aquariums. (Jusqu'au 1er mai, www.mamco.ch)
Hans Arp au Kunstmuseum de Winterthour. L'exposition débute avant l'exposition, avec quelques grosses statues dans les salles permanentes. Le choix d’œuvres de Arp (1886-1966) s'accompagne de sculptures contemporaines de Richard Tuttle et William Tucker. (Jusqu'au 22 mai, www.kmw.ch)
Vivian Maier à Photobastei de Zurich. Découvertes après sa mort en 2009, les photos d'une nounou américaine font depuis une étonnante carrière internationale. Il y en a ici 160, montrant le Chicago urbain des années 1950 et 1960. Du grand art, très maîtrisé (Jusqu'au 3 avril, www.photobastei.ch)
Werner Bischof-Point de vue à l'Elysée de Lausanne. Mort en 1954, le Suisse de Magnum laisse un œuvre interrompu après dix ans de carrière internationale. Le musée montre aussi sa préhistoire zurichoise durant la guerre, avec des images plus formelles. (Jusqu'au 1er mai, www.elysee.ch)
Monnaies, Objets d'échanges au Musée Barbier-Mueller de Genève. Il y a les pièces d'or, mais aussi des armes de parade, des coquillages et des textiles. Tout peut servir aux relations commerciales dans les pays n'ayant pas passé au numéraire. (Jusqu'au 30 octobre, www.barbier-mueller.ch

Les cinq choix raisonnés

Brun de Versoix au Château de Prangins. Mort en 1815, le Vaudois fut l'un des peintres de Marie-Antoinette, qu'il a souvent représentée en cavalière. L'actuelle exposition retrace son parcours depuis les débuts genevois à la fin des années 1770. (Jusqu'au 10 juillet, www.nationalmuseum.ch)
Pipilotti Rist au Kunsthaus de Zurich. La fée de l'expo 01, qui n'a jamais eu lieu, revient avec une énorme installation comprenant des vidéos anciennes et nouvelles. Cet aimable bric-à-brac donne un peu l'idée d'une répétition. A quand le renouvellement? (Jusqu'au 8 mai, www.kunsthaus.ch)
Dada Afrika au Museum Rietberg de Zurich. L'Afrique a beaucoup influencé les dadaïstes de 1916 au Cabaret Voltaire, et plus encore vers 1918 grâce à l'action du galeriste Han Coray, spécialisé dans les arts extra-européens. Une bonne petite exposition. (Jusqu'au 17 juillet, www.rietberg.ch)
Jean Dubuffet, métamorphoses du paysage à la Fondation Beyeler de Bâle. Tout est paysage chez le Français qui, dès le milieu des années 40, renverse la perspective à la verticale. On peut ne pas (ou moins) aimer la suite de sa carrière après 1955. (Jusqu'au 8 mai, www.fondationbeyeler.ch)
Estampes japonaises modernes, 1910-1960 à la Fondation Baur de Genève. Non, la gravure japonaise ne s'est pas arrêtée à l'ère Meiji! Traditionnelle ou non, elle a continué dans un pays occidentalisé au XXe siècle. (Jusqu'au 22 mai, nouvel accrochage dès le 15 avril, www.fondation-baur.ch)

Je n'aime pas beaucoup (voire pas du tout)

Chinese Whispers, au Kunstmuseum et au Zentrum Paul Klee de Berne. Depuis 2010, la ville fédérale a plusieurs fois présentés des fragments de la collection d'Uli Sigg. Le Suisse poursuit ses achats. En voici le reflet, un peu trop éclaté. (Jusqu'au 19 juin, www.kunstmuseumbern.ch)
Défense de toucher, au Museum Tinguely de Bâle. Après l'odorat, le toucher. Reprenant le titre d'un livre-objet de Duchamp, le musée propose un grand tour dans l'art, surtout du XXe siècle. La visite vaut surtout par l'énorme installation d'Augustin Rebetez. (Jusqu'au 16 mai, www.tinguely.ch)
David Hominal au Musée Jenisch de Vevey. Le Savoyard, né en 1976, propose ici ses pièces graphiques. Il y a aussi quelques multiples. Minimal, l'accrochage comprend enfin une vidéo projetée sur près de douze mètres de long. Il faut crocher! (jusqu'au 15 mai, www.museejenisch.ch)
Paul Klee, bewegete Bilder, au Zentrum Paul Klee de Berne. Klee se voit relégué au sous-sol de son musée. Il s'agit d'un accrochage sur le thème de la danse et du mouvement. Le lieu est terrible. L'accrochage aussi. Tout semble flotter dans une immense salle. (Jusqu'au 8 janvier, www.zpk.org)
Emilie Parandeau au Mamco de Genève. Prix Manor pour la ville, l'artiste reprend les protocoles de certains minimalistes pour refaire des pièces à sa manière dans la «suite genevoise». Il faut adorer le conceptuel pour y voir le moindre intérêt artistique. (Jusqu'au 1er mai, www.mamco.ch)

Et voilà!

Photo (Hanna Hösch/Museum Rietberg): L'un des collages dada d'Hanna Hösch inspirés par l'Afrique. A voir au Museum Rietberg de Zurich.

Prochaine chronique le mardi 29 mars. Pipilotti Rist au Kunsthaus de Zurich.

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