Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

CHOIX/Les cinq exposions de la rentrée à Paris, Londres ou Ferrare

Crédits: Paul Nash/Tate Britain

Il y a trop de tout. Et je ne sais pas tout. Manquent ainsi souvent les informations sur l'Allemagne ou les Pays-Bas. En punition, leurs expositions de la rentrée ne seront donc pas dans ce bref «best of». Il n'y a de tout manière que cinq places sur mon podium pour les mois allant de septembre à décembre. J'ai donc choisi pour vous: 

Paris
Carl Andre, Sculptures as Places
De l'art minimal pur et dur. On connaît surtout l'Américain (à part pour le meurtre de sa femme, dont il fut du reste acquitté) à cause de plaques de métal, posées à même le sol. Des cheminements faisant partie, depuis les année 1980, des classiques de l'art contemporain. Tout musée digne de ce nom doit posséder un exemplaire. Le Musée d'art moderne de la Ville de Paris consacrera une rétrospective à cet octogénaire du 18 octobre au 12 février. L'institution honorera en parallèle (mais oui!) Bernard Buffet. (www.mam.paris.fr

Paris
Spectaculaire Second Empire
Période de la spéculation à tous crins, dénoncée dans ses romans par Emile Zola, le règne de Napoléon III (1852-1870) a connu une débauche de luxe. La France n'a jamais fait aussi riche. Le Musée d'Orsay, qui fête ses 30 ans, étalera du 29 septembre au 16 janvier des bijoux, des meubles, des textiles et des céramiques. Il s'agira, comme à l'époque, d'en mettre plein la vue. Un véritable antidote à l'«arte povera» aujourd'hui en vogue. (www.musee-orsay.fr

Londres
Paul Nash
L'événement grand public londonien de l'automne est sans doute l'Abstract Expressionism de la Royal Academy, du 24 septembre au 2 janvier. A cette exposition sans surprise, je préfère ce tribut à l'un des plus originaux artistes britanniques, mort en 1946. Paul Nash avait voulu réconcilier la peinture d'histoire et les avant-gardes, du surréalisme au cubisme. Il reste inconnu sur le Continent. La Tate Britain entend le mettre en lumière du 26 octobre au 8 mars. (www.tate.org.uk

Grenoble
Wassili Kandinsky
Le Centre Pompidou va avoir 40 ans. Il fête l'anniversaire dans toute la France. Le Musée des beaux-arts de Lyon montrera ainsi Matisse, Le laboratoire intérieur du 2 décembre au 6 mars. Au Musée de Grenoble, le public verra les années parisiens du Russe, qui vécut en exil à Neuilly de 1933 jusqu'à sa mort en 1944. Cette période traversée par un joyeux biomorphisme coloré est personnellement celle que je préfère chez lui. (www.museedegrenoble.ch

Ferrare
Orlando furioso
Que voyait l'Arioste quand il avait les yeux fermés? Le poète, qui vivait à la cour de Ferrare, comme après lui Le Tasse, a publié en 1516 l'un des «best-sellers» du XVIe siècle. Sa vision du Roland médiéval a hanté les imaginations jusqu'au XIXe. Mais que regardait-il lui même? Le Palazzo dei Diamanti, admirable bâtiment Renaissance, proposera une exposition regroupant des chefs-d’œuvre de l'époque, de Giorgione a Raphaël. (www.palazzodiamanti.it

Voilà. J'aurais pu mettre dans la liste bien d'autres présentations, dont le Rubens du Palazzo Reale de Milan, qui débute le 27 octobre. Je tâcherai de me rattraper au fil du temps.

Photo (Tate Britain): «Dead Sea», le plus célèbre sans doute des tableaux de guerre de Paul Nash.

Ce texte intercalaire vient juste, dans le déroulé, après la sélection d'expositions suisses de la rentrée.

 

 

 

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