Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

CHOIX/Elisa de Halleux sera conservatrice beaux-arts au MAH. Qui est-ce?

Crédits: DR

C'est décidé. Elisa de Halleux est la nouvelle conservatrice de beaux-arts au Musée d'art et d'histoire de Genève (MAH), où elle prendra ses fonctions le 1er mars. Elle se retrouvera sous la direction de Lada Umstätter, nommée en 2017. L'équipe du MAH se renouvelle. Il y encore des postes à repourvoir. Inutile de précise que le musée n'a pas jugé bon de communiquer la nouvelle. 

Née en décembre 1976, Elisa a fait des études poussées en France et à Londres. Son Master en histoire est ainsi anglais, tandis que son DEA en histoire de l'art lui a été accordé par l'Ecole de Hautes Etudes en Sciences Sociales parisienne, avec la mention très bien. J'ai oublié de dire que la jeune femme avait auparavant fait Sciences Po. Une carrière universitaire s'ouvrait après une thèse soutenue en 2012. Elisa de Halleux a ainsi beaucoup colloqué et publié, parfois en collaboration.

Une iconographe de la Renaissance 

Le sujet de sa thèse dit ses intérêts. Il s'agit de «Les figures androgynes dans l'art de la Renaissance». Cela peut sembler pointu, mais la scientifique a su développer le thème. On lui doit ainsi «Nudité sacrée», édité par La Sorbonne en 2011. Un ouvrage rédigé avec Marianne Lura. Il y avait eu auparavant, dans une collection tout de même plus populaire, «Iconographie de la Renaissance» chez Flammarion en 2004. «Amour» a vu le jour chez le même éditeur en 2008. «Les femmes qui aiment sont dangereuses» est sorti toujours chez Flammarion en 2009. Elisa prêtait ici main forte à la médiatique Laure Adler. D'où un tirage à 30 000 exemplaires.

Elisa de Halleux avait ensuite rejoint Lausanne, où elle a enseigné à la Faculté de Lettres l'histoire de l'art. On l'a aussi vue au Musée Jenisch de Vevey. Elle y a tout d'abord participé à l'aventure de «Rien que pour vos yeux», une exposition sur le dessin et ses différentes techniques. Puis elle a remplacé la responsable des dessins en congé maternité. C'est à cette époque que j'ai plusieurs fois eu affaire à elle. Au sens positif du terme. Aucune arrogance chez elle, comme souvent chez des Français croyant débarquer en terrain conquis à leur arrivée en Suisse. J'ai senti beaucoup d'écoute. Une certaine retenue. D'autres personnes l'ayant fréquentées ne m'en ont d'ailleurs dit que du bien.

Compétences 

Ce qui peut sembler surprenant, c'est que le MAH, à en lire son annonce, cherchait une personne de musée, ayant des années d'expérience en ce domaine. Ce n'est pas vraiment ici le cas. On peut considérer que l'institution fait avec Elisa un pari intéressant. C'est celui d'engager une spécialiste en art, ou plutôt en iconographie ancienne. La nouvelle venue ajoutera des compétences à une maison qui en compte par ailleurs beaucoup, mais découragées et laissées en friches. Le problème du MAH dans son ensemble n'est en effet pas une question d'équipe (même s'il y aurait parfois à redire), mais de tête dirigeante. D'avenir aussi. Il faudra que le musée puisse agir contre l'avant-projet inepte conçu par les six sages planchant sur son futur. Autrement, il ira droit dans le mur. Et je voudrais tout de même croire que ce n'est pas le but.

Photo (DR). Elisa de Halleux. Désolé, je n'ai rien trouvé de mieux.
Ce texte est suivi par deux autres sur le Musée d'art et d'histoire de Genève.
Prochaine chronique le mercredi 14 février. Le Grand Palais de Paris prévoit sa transformation à 550 millions de francs. 

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