Aline Isoz

CONSULTANTE EN TRANSFORMATION DIGITALE

Aline Isoz officie en tant qu’experte en transformation numérique auprès des entreprises et institutions romandes et est notamment membre du comité du Cercle suisse des administratrices, experte Vigiswiss (association suisse des data centers) et de conseils consultatifs. Depuis la création de son entreprise Blackswan en 2010, elle intervient régulièrement dans le cadre de conférences ou d’ateliers thématiques auprès de décideurs, d’administrateurs de société et commente également les enjeux liés au numérique dans les médias en tant que consultante, et en tant que chroniqueuse pour le magazine Bilan et le quotidien Le Temps. En 2015, elle a lancé alineisoz.ch, une initiative de coaching et d’accompagnement digital pour les PME romandes.

Parallèlement à ses activités professionnelles, Aline Isoz a mis sur pied une délégation suisse de femmes actives dans le numérique invitée à la Journée de la femme digitale à Paris

Chi va piano...

Tiens, revoilà Noël. Chaque année, comme un repère dans notre calendrier personnel ou mercantile, le 25 décembre revient nous dire – du moins à la partie chrétienne de l’univers– qu’il est l’heure d’abaisser les boucliers et de dégainer les décorations et autres crèches. Même si celles-ci sont désormais plus polémistes que jamais.

 

Listes de cadeaux, vœux pieux, promesses de lendemains qui chantent et cortège de publicités ciblant petits et grands, le mois de décembre et son calendrier de l’Avent sonnent le compte à rebours d’une année qui s’achève et de son bilan.

 

Finalement, rien de neuf : les buzz de 2014 ont succédé aux buzz de 2013, Nabilla a damé le pion à Serge le lama (pas sûre qu’on ait gagné au change), les lasagnes de cheval s’avèrent presque sympathiques face aux conséquences d’Ebola, le Tsunami de 2004 a donné lieu à la rediffusion d’images que l’on avait presque oubliées, mais pas vraiment, Hollande a continué de dégringoler avec une constance égale à la volonté d’Elon Musk de changer le monde ; des stars – et des inconnus - se sont jeté des seaux de glace sur la tête pour une bonne cause, P.D. James a mis un point final à son œuvre, tout comme Eric Bamy (doublure vocale de Johnny inconnue du grand public), le Hobbit a finalement bouclé ses 9 heures de périple, l’Allemagne a été championne du monde de football et Facebook a modifié pour la 428ème fois ses conditions générales…

 

Pour les mois à venir, nous aurons toujours droit à l’arrivée imminente de la voiture sans conducteur, aux voyages touristiques dans l’espace, à des innovations nous permettant d’aller plus vite, plus loin, même si on ne sait pas trop vers où ; à du collaboratif sous toutes ses formes : crowd- et co-blabla pour construire un monde meilleur ; à des commentaires oscillant entre génie et bêtise absolus, à des posts édifiants ou insipides ; après le selfie, le selfie avec un animal, le selfie de dos, le selfie du postérieur de Kim (je suis sûre que vous allez cliquer au moins sur ce lien-ci), le selfie des Oscars, j’attends le selfie d’organes avec une fonction scanner ou thermique sur mon Smartphone. Ce serait intéressant, après autant de narcissisme, un peu d’introspection, non ?

 

Dans les événements marquants, on notera l’arrivée d’un élément perturbateur dans un univers devenu trop lisse : Jean Dujardin donnant la réplique à George, avec le regret qu’ils ne nous refassent pas le coup de mimer un escalator plutôt que de surjouer un storyboard aux ficelles aussi énormes que la victoire de la Suisse à la Coupe Davis, et puis, bien sûr, la préparation du dernier Star Wars dont la bande-annonce envahit déjà les salles de cinéma avec à peine 12 mois d’avance. 12 mois… largement de quoi rendre la science-fiction obsolète au rythme auquel vont les choses désormais.

 

Et vous, sinon ? Vous avez peut-être changé de travail ? D’ordinateur ? Vous avez peut-être abandonné les capsules pour du café en grain ? Décidé de tenter l’aventure ailleurs ? Fondé une start-up ? Inauguré Uber ou investi dans un projet co-financé ? Vous avez découvert de nouvelles choses : l’imprimante 3D, les serious games, une conférence TED, le site qui permet de suivre le Père Noël en direct ?

 

Vous avez décidé de mieux contrôler votre addiction aux TIC, de moins vous quantifier vous-même, de vous faire coacher, de recentrer vos priorités ou de vous mettre au yoga ?

 

Depuis plus de 20 ans, la transformation numérique est en marche, comme un tsunami sans fin balayant tout sur son passage ; certains ont trouvé un point en hauteur où s’abriter, d’autres ont appris à nager, la plupart font ce qu’ils peuvent… Bien sûr, tout va continuer (les Poppys étaient des visionnaires) et non, 2015 ne marquera pas le déclin des médias digitaux mais participera de leur maturation et de la nôtre face à un monde de plus en plus hybride.

 

Fracture numérique ou pas, la fin de l’année vient surtout nous rappeler qu’il reste un domaine sur lequel nous détenons les pleins pouvoirs, quelles que soient les circonstances externes : il ne s’agit ni du pouvoir de changer le monde, ni de celui de changer le cours des (r)évolutions ou l’hégémonie de Facebook et de Google.

 

Nous pouvons nous changer nous-mêmes.

 

Pour vous accompagner en ces derniers jours de l’année, je vous encourage à réécouter un autre grand philosophe visionnaire qui disait, en 1984 (tiens, ça me rappelle autre chose..) : « débranche, débranche, débranche tout… revenons à nous… »

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