Chantal De Senger

JOURNALISTE

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève (IHEID) en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l'Université de Genève. Après avoir hésité à travailler dans une organisation internationale, elle décide de débuter sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Depuis 2010, Chantal est journaliste pour le magazine Bilan. Elle contribue aux grands dossiers de couverture, réalise avec passion des portraits d'entrepreneurs, met en avant les PME et les startups de la région romande. En grande amatrice de vin et de gastronomie, elle a lancé le supplément Au fil du goût, encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal est depuis 2019 rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan et responsable du hors série national Luxe by Bilan et Luxe by Finanz und Wirtschaft.

Peut-on être végane et gastronome?

Peut-on être végane et gastronome?

Les doctrines du véganisme, végétalisme ou encore du végétarisme prennent de plus en plus d’ampleur au sein de nos sociétés, notamment aux Etats-Unis, où près de 6% de la population se revendique végane. Cela est encore plus marqué dans le monde des célébrités et des grands chefs qui font de cette pratique alimentaire une nouvelle normalité. Le véganisme serait dès lors non pas une tendance, mais bien une pratique ancrée pour durer.

Chez nous, pourtant, ceux qui excluent la consommation de chair animale sont perçus comme des personnes austères, peu festives et en rien gastronomes. Qu’en est-il en réalité? Rappelons que l’épicurisme a comme objectif principal l’atteinte du bonheur par la satisfaction des seuls plaisirs «naturels et nécessaires». Mais être épicurien signifie aussi aimer partager, être entouré(e) des gens que l’on aime, profiter de chaque moment de la vie. Les personnes qui ont des convictions ne pourraient-elles pas remplir ces critères? Certes, nous ne parlons pas ici des véganes intégristes ni des carnivores sectaires et intolérants. Nous parlons ici de celles et ceux qui sont ouverts et curieux et qui laissent surtout tout un chacun manger ce dont il a envie.

La cuisine a évolué. La matière première est plus que jamais valorisée. Les produits du terroir, labellisés, de saison et bio sont privilégiés. Depuis longtemps, le surplus de matière grasse a été enlevé. Dans beaucoup de plats, l’huile d’olive a remplacé le beurre et la crème. Le sucre a diminué. Cette évolution n’est-elle pas positive, pour la santé, mais aussi, à l’heure du réchauffement climatique, pour l’environnement? Réduire drastiquement ou enlever la viande de sa consommation n’est pas une si mauvaise idée. Rappelons qu’en Suisse, nous consommons en moyenne 50 kilos de viande par personne et par année. C’est beaucoup trop pour notre santé et destructeur pour le climat.

Loin de nous l’idée de conseiller de manger uniquement des graines, des légumes et du tofu. Mais les bons vivants feront la part des choses. Ils privilégieront la viande de qualité. Et découvriront qu’avec des plats sans viande, ils pourront très bien avoir autant de plaisir, entourés de bons vivants, qui aiment la vie.

Sans compter que la cuisine végétarienne requiert davantage de créativité. Ainsi, le challenge de la nouvelle génération de chefs sera d’inventer une nouvelle gastronomie, meilleure pour la santé, pour la planète et pour les papilles. Les chefs triplement étoilés Michel et Sébastien Bras, Alain Passard, Joël Robuchon ou encore Alain Ducasse ne diront pas le contraire, eux qui proposent depuis de nombreuses années déjà des menus 100% sans viande.

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