Chantal De Senger

JOURNALISTE

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève (IHEID) en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l'Université de Genève. Après avoir hésité à travailler dans une organisation internationale, elle décide de débuter sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Depuis 2010, Chantal est journaliste pour le magazine Bilan. Elle contribue aux grands dossiers de couverture, réalise avec passion des portraits d'entrepreneurs, met en avant les PME et les startups de la région romande. En grande amatrice de vin et de gastronomie, elle a lancé le supplément Au fil du goût, encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal est depuis 2019 rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan et responsable du hors série national Luxe by Bilan et Luxe by Finanz und Wirtschaft.

Le luxe a finalement basculé dans l’ère de l’engagement

Le luxe a finalement basculé dans l’ère de l’engagement

Pour le secteur du luxe, il y aura définitivement un avant et un après-Covid. Alors qu’auparavant, la plupart des grandes marques n’ont jamais réellement pris les devants pour réduire considérablement leur empreinte carbone, ou s’inquiéter des conséquences de leur industrie, la crise a fait réagir les géants du luxe dont les actions ont été rapides et nombreuses. «Cette crise est une crise de confiance majeure pour cette industrie. Car le luxe incarne à lui seul ce que cette crise dénonce comme modèle non durable et politiquement incorrect» rappelle Eric Darkplanneur Briones dans son ouvrage Luxe & Résilience paru en 2021 aux Editions Dunod.

La crise du Covid est, en effet, une crise à la fois des inégalités, sociétale et écologique. L’industrie du luxe aurait pu ne pas prendre la mesure de ce bouleversement. Mais contre toute attente, cette fois-ci, la réaction a été nouvelle, contraire aux habitudes du secteur, rapide et efficace. Dès le début de la pandémie, LVMH, L’Oréal, Kering se sont lancés dans la fabrication de gels hydroalcooliques et de masques. Ils ont également fait des dons pour la recherche sur le vaccin et pour aider les régions les plus touchées. D’autres sociétés de luxe ont engagé leurs sites de production, leurs équipes et leurs partenaires. Ainsi, le secteur du luxe s’est remis en question avec cette crise pour devenir un secteur contributif, avec des marques soignantes et engagées. Tout le secteur a également pris conscience que le modèle actuel de consommation nuit à la planète et qu’il existe une réelle urgence climatique. On observe, dès lors, de plus en plus de lancements de produits dont l’empreinte écologique est réduite, à l’instar d’Hermès qui, avec son tout premier sac en matière végétale, passe à la vitesse supérieure dans l’utilisation de matériaux alternatifs. La marque horlogère IWC Schaffhausen vient quant à elle de lancer des bracelets à base de papier recyclé alors que le joaillier Cartier propose dorénavant des bracelets à base de résidus de pomme pour sa nouvelle Tank Must.

Ainsi, les réactions marquées de compassion et d’empathie et la volonté réelle de soigner la planète ont fait la différence et permis de nouer de nouvelles relations de confiance entre les consommateurs et le secteur du luxe... Certes, en renforçant par la même occasion le futur business de ces marques, une fois la crise passée. Mais le plus important, c’est que le luxe a définitivement basculé dans l’ère de l’engagement et du sens. Il faut s’en réjouir, s’en féliciter et le célébrer, car cela n’a été ni facile ni évident.

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