Chantal De Senger

JOURNALISTE

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l’Université de Genève. Elle débute sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Journaliste depuis 2010 pour le magazine Bilan, elle est spécialisée dans les PME. En grande amatrice de vins et gastronomie, elle est également responsable du supplément Au fil du goût encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal contribue par ailleurs régulièrement aux suppléments Luxe et Immo Luxe de Bilan.

Le batch cooking? L’anti-épicurisme

Depuis plusieurs mois fleurissent un peu partout dans les librairies et sur internet des livres de recettes et autres blogs culinaires sur le batch cooking, ou «cuisine
en série» en français. De quoi s’agit-il?

Depuis plusieurs mois fleurissent un peu partout dans les librairies et sur internet des livres de recettes et autres blogs culinaires sur le batch cooking, ou «cuisine
en série» en français. De quoi s’agit-il? De la nouvelle mode de préparer à l’avance – en principe le dimanche soir – les plats de toute la semaine. L’un des arguments de cette «pseudorévolution de notre façon de cuisiner»: gagner du temps et faire des économies.

Contrairement aux adeptes de cette nouvelle tendance, je ne suis pas certaine que l’économie soit réelle. En effet, quid d’un dîner improvisé entre amis au milieu de la semaine, chez vous ou au restaurant? Ou d’une envie particulière qui nous donnerait l’eau à la bouche au point de vouloir en faire son souper? Que fait-on dès lors du plat prévu? On le garde pour le lendemain où un autre menu est déjà au programme? Sans compter que je ne parierais pas sur la fraîcheur des mets concoctés cinq jours auparavant. Certes, on peut congeler les aliments, me direz-vous, mais dès lors, quid du temps économisé s’il faut les sortir du congélateur deux heures avant de se mettre à table. Autant commencer depuis le début.

De mon point de vue, cette nouvelle tendance va à l’encontre du plaisir que procure la préparation d’un dîner, le soir même, par – et pour – de vrais gastronomes. Certes, personne n’a le temps ni l’envie que les agapes ressemblent  systématiquement à un festin de roi. Une simple salade peut souvent faire l’affaire. Si vous avez peu de temps ou d’inspiration, des recettes faciles telles qu’un risotto ou une soupe de légumes suffisent amplement. Le bénéfice vient surtout de lâcher prise en fin de journée. Car effectivement, cuisiner permet de se détendre, de se libérer du stress de la journée, de penser à autre chose. Sans compter le plaisir de jouer aux apprentis cuisiniers tout en papotant avec ses amis, un petit verre de vin posé au coin du plan de travail. Il faut savoir que cuisiner pour les autres a des bienfaits psychologiques très positifs. Il s’agit, en effet, d’une forme d’altruisme qui permet aux gens de se sentir heureux et connectés les uns aux autres. Cet argument devrait suffire à vous faire revenir derrière les fourneaux.

Mais cuisiner, c’est aussi prendre soin de soi-même. Outre le bienfait pour le corps, faire la cuisine améliore l’estime et la confiance que l’on a en soi. On se concentre.
On pense. La mémoire est connectée à l’odorat. On se rappelle les bons souvenirs tout en pratiquant alors la pleine conscience.  Dans nos rythmes actuels de vie effrénée, nous ne prenons pas assez le temps d’apprécier le moment présent – le hic et le nunc. 

Je compte  toutefois sur vous pour lâcher prise, le temps de savourer ce supplément qui fait la part belle à de grands épicuriens, à des acteurs importants du vin et à des gastronomes. Bonne lecture! 

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