Chantal De Senger

JOURNALISTE

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève (IHEID) en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l'Université de Genève. Après avoir hésité à travailler dans une organisation internationale, elle décide de débuter sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Depuis 2010, Chantal est journaliste pour le magazine Bilan. Elle contribue aux grands dossiers de couverture, réalise avec passion des portraits d'entrepreneurs, met en avant les PME et les startups de la région romande. En grande amatrice de vin et de gastronomie, elle a lancé le supplément Au fil du goût, encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal est depuis 2019 rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan et responsable du hors série national Luxe by Bilan et Luxe by Finanz und Wirtschaft.

Chacun fait c’qui lui plaît

Chacun fait c’qui lui plaît

Le luxe est une composante essentielle de l’humanité. Il est bien cette « utilité de l’inutile » nécessaire aux équilibres personnel et sociétal », explique le philosophe français Gilles Lipovetsky, dans son ouvrage « Le luxe éternel » paru en 2003 aux Editions Folio. Cette affirmation nous aide à comprendre le comportement de certaines personnes, qui, une fois le confinement levé, se sont ruées dans les boutiques de luxe pour assouvir leur soif « d’objets non indispensables ». Premièrement en Chine, puis, ici, sous nos latitudes, où des files se sont rapidement formées devant les enseignes des rues commerçantes les plus chères de Genève et de Zurich. « Le propre de l’homme est d’aller au-delà des seuls besoins essentiels et naturels », explique Gilles Lipovetsky dans son ouvrage. « Car quel serait le monde dépossédé de ce qui incarne le luxe ? Plus de musées, plus d’œuvres d’art, plus de temples, plus de cathédrales ? »

Ainsi, se faire plaisir, même en pleine période de crise sanitaire et économique, est légitime. L’hédonisme a toujours existé, tout comme le fait d’avoir des rêves. Nous sommes tous à la recherche d’émotions positives et du bonheur de vivre quelque chose d’exceptionnel. Nous l’avons observé durant cette crise, le luxe n’est pas uniquement matériel. Des balades en plein air durant le confinement étaient l’incarnation même du luxe et de la liberté. Et puis, le luxe, c’est aussi ne pas avoir peur des apparences et des jugements. Vivre avec ses idées et ses idéaux sans suivre la mouvance générale. Oser s’exprimer surtout si nos réflexions vont à l’encontre de la doxa. Se comporter différemment, avoir du plaisir, être décomplexé et heureux dans un monde qui nous culpabilise un peu trop souvent pour tout ce que nous entreprenons.

La résilience des marques de luxe

Ainsi, les consommateurs n’ont pas uniquement le droit de faire ce qu’il leur plaît. Ils vont également imposer leurs desideratas aux marques de luxe. 65% des millennials seraient, en effet, influencés par le développement durable dans leur comportement d’achat. Après la claque liée à la pandémie du Covid-19, l’industrie du luxe va devoir accélérer le développement de son économie circulaire pour ne pas sombrer encore plus. Heureusement, nous l’avons observé durant la crise, les entreprises du luxe sont résilientes et savent s’adapter. La grande majorité d’entre elles ont rapidement réalloué leur outil de production pour réaliser des gels hydroalcooliques, fabriquer des masques et des sur-blouses. Beaucoup ont également apporté un soutien financier aux services de santé et à leurs salariés. Ces grandes enseignes n’ont plus le choix : elles vont dorénavant résolument devenir éthiques et durables !

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