Chantal De Senger

JOURNALISTE

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève (IHEID) en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l'Université de Genève. Après avoir hésité à travailler dans une organisation internationale, elle décide de débuter sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Depuis 2010, Chantal est journaliste pour le magazine Bilan. Elle contribue aux grands dossiers de couverture, réalise avec passion des portraits d'entrepreneurs, met en avant les PME et les startups de la région romande. En grande amatrice de vin et de gastronomie, elle a lancé le supplément Au fil du goût, encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal est depuis 2019 rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan et responsable du hors série national Luxe by Bilan et Luxe by Finanz und Wirtschaft.

Buveurs d’étiquettes vs vrais experts

Il y a deux types de consommateurs de vin dans le monde: les buveurs d’étiquettes et les autres. A force de côtoyer des professionnels du secteur – œnologues, vignerons, sommeliers – j’ai été convaincue que l’on pouvait avoir autant de plaisir à déguster un petit vin, sans chichi, qu’un grand cru classé ou autres supertoscans. Certains vont même jusqu’à penser que les grandes étiquettes sont réservées aux ignorants. Qui est, en effet, encore prêt à payer des bouteilles à plus de 500 francs au restaurant, si ce n’est de riches Chinois ou Moyen-Orientaux qui, pour la plupart, ne connaissent pas grand-chose au vin.

Les personnes éduquées aux produits viticoles, les vrais connaisseurs des différents terroirs, apprécient, en réalité, de découvrir de petits domaines, et peu importe le prix. Heureusement, un grand nombre de sommeliers travaillant en Suisse savent cela. La plupart d’entre eux ne vont pas s’arrêter au potentiel financier du client mais essayer de lui faire plaisir en trouvant le meilleur accord mets-vin, par exemple. Ou lui faire découvrir un cru local qu’il n’aurait jamais pris l’audace de commander.

A noter que la majorité des sommeliers des grandes tables de Suisse sont d’origine française mais recommandent de préférence des crus locaux à leurs clients. Un bon sommelier ne cherchera jamais, en effet, à vendre le flacon le plus cher de sa cave. Au contraire, il pourrait même être frustré de devoir céder une très grande quille à un client fortuné qui n’y connaîtrait rien et n’apprécierait pas pleinement ce qu’il déguste.

Un conseil, donc, pour les amateurs de vin? Laissez-vous guider par les conseils des experts. Vous serez surpris de découvrir que les grandes étiquettes ne sont pas les seules à apporter du plaisir, des saveurs en bouche, et surtout de l’ivresse.

Pour les investisseurs, le prix des bouteilles est également un critère important. Bonne nouvelle pour ces derniers: selon la récente étude «The Wealth Report» réalisée par Knight Frank, avec une croissance de près de 25% en 2016, l’investissement dans le vin a supplanté pour la première fois depuis dix ans celui dans les voitures de luxe (9%). Avec une consommation toujours plus grande dans le monde et une production qui stagne, l’avenir des délices de Bacchus est ainsi garanti. Chers lecteurs, continuez donc à miser sur ce nouvel or rouge, et surtout n’oubliez pas de le déguster, et peu importe l’étiquette. 

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