Bernard Radon

DIRECTEUR GÉNÉRAL DE COACHING SYSTEMS SARL

"Il y a chez Bernard Radon une quête perpétuelle pour comprendre les mécanismes de la stratégie et du management. Mais comment s’y prend-t-il pour coucher sur papier ce foisonnement d’expériences d'accompagnement de cadres et de cadres dirigeants? Je crois qu’il s’amuse à noter ses idées sur un petit calepin imaginaire. Il les transcrit ensuite sur des petits morceaux d’étoffe qu’il range soigneusement dans une boîte. Et quand le besoin de publier se fait pressant, il les sort, les trie, les arrange et enfin les coud soigneusement les uns avec les autres pour en faire un patchwork très ordonné dont l’image est non seulement cohérente, mais aussi d’une pertinence logique qui interpelle ses lecteurs. Il dit d’ailleurs en substance dans ses différents livres que l’on apprend à connaître son environnement par touches successives, comme si on reliait entre eux les morceaux d’un vaste puzzle. Au final, après avoir pris du temps, acquis et comparé toutes nos connaissances, c’est l’image d’ensemble qui se dégage: les organisations humaines dans toute leur complexité".

Ces manageuses qui détestent les hommes

Lors d’un déjeuner, une jeune femme s’insurge de ne pas avoir obtenu le poste de manager qu’elle "convoitait depuis des mois, parce qu’elle était une Femme" (dixit). Voilà de quoi me faire sortir instantanément de mes gonds. Deux arguments ont eu raison de mon sang-froid.

  • "Convoiter". Quel vilain terme. On peut convoiter un objet parce que son acquisition dépend finalement de notre propre décision. Mais un poste de manager ne peut pas être convoité. La décision dépend d'un processus complexe qui ne nous appartient pas. De nombreuses personnes sont impliquées : la hiérarchie, mais aussi les RH, le feed-back de collègues, parfois de clients ou de quelques collaborateurs influents et bien sûr de son futur chef. Ceux qui vont décider ne le feront jamais en pensant que vous êtes une femme idéale, mais parce que vous présentez un profil technique et comportemental satisfaisant, c’est-à-dire un choix de compromis, ni pire, ni plus qu’un ou qu’une autre.
  • Maintenant, si vous pensez que l’on vous a écarté uniquement parce que vous êtes une femme, alors vous méritez votre éviction. Plus encore, vous devriez vous en réjouir : vous n’êtes simplement pas prête pour les premières luttes de pouvoir. N’oubliez pas, tant que vous êtes en bas de l’organigramme, vous ne dérangez finalement pas grand monde. Mais dès que vous accédez aux premiers niveaux de management, vous commencez à prendre des décisions pas toujours populaires que vous devrez sans doute défendre face à vos anciens collègues. Alors bon courage.

Il est fallacieux de croire que, dans nos entreprises modernes, les femmes sont rejetées en fonction de leur genre. La question que pose tout manager lorsqu’il doit recruter une nouvelle collaboratrice est la suivante : "Vais-je m’entendre avec elle et va-t-elle être capable de s’entendre avec ses futurs collègues ?". C’est aussi simple que cela. Les hommes sont de grands anxieux, ils ne s’agrippent à rien qui ne puisse les déstabiliser. Pour eux, l’attitude compte plus que l’aptitude.

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