Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

CAROUGE/"Art/7" propose ses vernissages collectifs ce samedi et ce dimanche

Crédits: Albertine

Douze éditions annuelles. «Treize éditions en pensant à 2015, où nous avons organisé un week end de vernissages collectifs en hiver et un jeudi supplémentaire en automne», précise Christine Ventouras, de Krisal. «Art/7» a su tenir sur la distance, avec quelques changements de participants. Isabelle Dunkel d'I.D. est partie, «peut-être provisoirement». Leda Fletcher a fermé boutique. Exclusivement féminine au départ, l'association a su accueillir Jörg Brockman et Philippe Lüscher, qui dirige de Musée de Carouge. «Nous ne sommes pas fermés à d'autres participations», explique Marianne Brand. «Mais faut-il aller vers de nouvelles galeries ou attendre qu'elles se manifestent?» Il faut aussi une certaine constance. Nov, apparu fin 2015, saute déjà un tour... 

Qu'attendre de février 2016, avant qu'une nouvelle présentation vienne en octobre «mais cette fois sur un samedi et un dimanche»? Huit présentations. Le Musée de Carouge maintient ses limes de l'usine Vautier, dont je viens de vous parler. «Nous levons le pied», explique Philippe Lüscher. «Notre calendrier ne nous permet pas de concevoir une autre exposition dont le début coïnciderait avec Art/7.» Jörg Brockmann poursuit, lui, sur sa lancée. «Je montrerai à nouveau des photos de l'espagnol Ricardo Cases.» Le fait qu'il n'en ait pas vendu la dernière fois ne le décourage pas. «Il faut dire que je suis dans un atelier, à l'étage, de la banlieue de Carouge. J'ai un loyer très faible. Je ne dois pas travailler avec une logique de galerie.» 

Véronique Philippe Gache, dont le nouveau Ligne Treize est bien plus vaste que l'ancien, propose Laurent Wolf, que d'aucuns connaissent comme critique d'art dans «Le Temps». Un monsieur pas toujours commode, qui fut aussi peintre et sociologue. «Je montre ses dessins, qui ont peu été vus à Genève. Laurent est un grand intellectuel qui s'est concentré sur ce médium depuis vingt ans. Il utilise la pierre noire pour créer des formes élémentaires. Il s'agit pour moi d'un beau travail. Je suis heureuse de l'avoir en primeur locale chez moi.» 

«Cela fait au contraire huit fois que je présente Albertine», poursuit Maya Guidi. «Une en moyenne tous les deux ans.» Il faut dire que l'illustratrice est un vrai caméléon. «Il faut l'attraper au vol. J'ai l'impression de la saisir chaque fois au bon moment.» La Carougeoise a cette fois conçu de petites sculptures et de grandes gouaches sur le thème du lac, «avec très peu de personnages». Elle a plus que jamais le vent en poupe. «Albertine vient de remporter de grand prix de l'illustration à Bologne, ce qui représente une consécration dans son métier.» 

Marianne Brand reste aussi fidèle à ses artistes. Claire Guanella se retrouve donc chez elle, rue Ancienne. «Claire travaille sur un papier qu'elle fabrique elle-même. Elle a cette fois créé d'immenses feuilles, dont seules une ou deux entreront dans mon petit espace. C'est pour cela que les visiteurs seront invités à se rendre parallèlement dans son atelier, rue des Moraines, où elle travaille dan un pâté de maisons voué à la démolition.» Claire a pris comme thèmes les crânes, la ville ou la fleur. Elle se concentre cette fois sur la montagne, «symbole de cheminement, de barrière et d'élévation.» 

Christine Ventouras aime la photo. Elle a invité chez Krisal Régis Colombo, un Romand dont on a connaît un certain nombre de livres. «Régis a aussi créé de multiples couvertures pour L'Hebdo.» De ce garçon de 47 ans, la galeriste alignera de grands formats relevant pour la plupart du bidouillage. «Il pioche des images qui lui permettront de recomposer d'autres images. Il s'en sert comme de points colorés.» Andy Warhol ou Woody Allen se décomposent ainsi, si le regard s'approche de trop près. «C'est pour moi un style nouveau. Je restais jusqu'ici dans la photographie pure.» 

Annick Zufferrey se concentre sur le bijou contemporain. «J'ai invité pour la seconde fois Florie Dupont.» Sortie de la HEAD, la jeune femme a été frappée par «la fragilité, la beauté et la perfection» des os crâniens. «Elle les moule pour sertir leur réplique de pierres précieuses.» L'éphémère de la vie se voit du coup doté d'une sorte d'immortalité. «Après Vanitas & Remains, elle aligne cette bois des Bestioles. Il y aura notamment une tortue, un lézard et une perruche.» 

Voilà. Il manque encore Séries rares, où Exem et Mireille Excoffier accueilleront Hannes Binder. Pour savoir de quoi il retourne, je vous renvoie à l'article suivant immédiatement celui-ci.

Pratique

«Art7», divers lieux dans Carouge. Vernissage collectifs le samedi 27 et le dimanche 28 février de 11h à 17h. Site www.art7-carouge.com Il existe un petit dépliant. Je signale par ailleurs que la foire annuelle d'antiquités de brocante se déroule en même temps dans la ville sarde. Elle a commencé jeudi. Site www.carouge.ch/salon-de-la-brocante-et-de-lantiquite

Photo (Albertine): La dessinatrice se retrouvera chez Maya Guidi.

 

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