Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

CAROUGE/"Art7" veut lancer un nouveau parcours en galeries

«Pourquoi un second événement dans l'année?», répond d'un trait Annick Zufferey à ma question. «Parce que nous regroupons ainsi nos forces, parce qu'il y a un effet de masse, et aussi pour avoir une soirée en semaine.» Depuis une dizaine d'années, les rencontres d'«Art/7» se déroulent en effet le premier week-end de mars, dans la journée. «Et le samedi et le dimanche, les gens quittent Genève.» Ajoutez à cela le travail régulier, qu'il faut bien justifier. Annick anime le site de l'association du 1er janvier au 31 décembre. «Et pour une unique manifestation, cela fait beaucoup.» 

Alors que le «Parcours céramique» sera terminé depuis un mois, «Art/7» va donc offrir sept démarrages d'exposition et une présentation muséale le jeudi 29 octobre. Huit! Le compte ne joue donc pas. «Nous avons commencé par être sept galeristes», rappelle Christine Ventouras de Krisal. «Sept femmes.» Puis a déboulé un galeriste, Jörg brockmann, plus le Musée de Carouge. Isabelle Dunkel s'est ensuite retirée. «Nous espérons que cela restera provisoire.» Et l'édition automnale du 29 verra les débuts de Nov, fondé en 2013. Un lieu voué à la promotion de designers et de photographes émergents. Notons au passage que sa directrice est plus ECAL que HEAD. L'éternel combat Genève-Lausanne...

Sept nouvelles manifestations

Que va-t-il se passer le 29 octobre, alors que Maya Guidi sera en vacances? Sept manifestations prendront leur essor, tandis que le musée présentera jusqu'à 21 heures les luminaires de son concours céramique. Un exploit administratif et municipal à mettre au bénéfice de son directeur Philippe Lüscher. Chacun reprendra dès vendredi ses horaires. Je signale que le «Parcours» biennal était, lui, enfin parvenu à accorder sinon ses violons, du moins les heures où les visiteurs se voyaient accueillis. Un net plus. 

«Je montrerai Philippe Giacobino pour la quatrième fois», déclare Marianne Brand. «Il ne s'agit pas d'un céramiste, mais d'un dessinateur.» Philippe travaille sur des thèmes inspirés par la nature. «Il devient toujours plus allusif, ce qui n'est pas pour me déplaire.» L'homme travaille à l'encre, avec des outils qu'il a lui-même façonnés. «Les œuvres seront présentées à même le mur. Je n'aime pas les dessins emprisonnés.»

Exem numéro 4

Chez Séries Rares, Mireille Escoffier travaillera conjugalement, puisqu'elle proposera le quatrième volet des affiches et tirages limités d'Exem. «Nous avons commencé cette rétrospective l'an dernier, avec chaque fois une publication. Nous montrons quatre ans environ de production à la fois.» Comment faire dans un espace aussi petit? «Little Nemo, qui ouvert dans un ancien magasin de Teo Jakob, présentera des grands formats, rue Saint-Victor. Il y aura aussi un affichage à l'extérieur.» Les amateurs pourront cependant acheter. «Nous effectuons des retirages et il y aura aussi quelques croquis originaux.» 

Véronique Philippe-Gache, qui a déménagé par la force des choses (ou plutôt celle de son ancien propriétaire) rue Ancienne, rependra elle Marcel Miracle. Comme on peut s'en douter, il s'agit d'un pseudonyme. Vu jadis à la défunte galerie Hors-Jeu de Genève, Miracle se nomme Marcel Magnin. Le public pourra voir cette fois de lui les 582 pièces, présentées dans 22 coffrets, que lui ont inspiré Georges Perec. «Ensuite, tout sera dispersé.»

Les débuts de Nov 

Pour son entrée au cénacle, Nov proposera un photographe plus qu'émergent. Le Libanais Khalil Marcos, aujourd'hui installé à Genève, est né en 1962. Ses images sont ici inspirées par Zanzibar, qu'il visite depuis 1990 lors de ses périples africains. Rappelons que Marcos utilise le noir et blanc argentique. Il y aura aussi bien sûr de la photo aussi chez Jörg Brockmann, puisque n'il ne montre rien d'autre. L'Allemande Karolin Klüppel proposera son «Mädchenland», en couleurs cette fois. Au Nord-Est de l'Inde, les Khasi restent une société matrilinéaire. 

Annick Zufferey est la femme aux bijoux. «Je persiste dans le genre avec Dominique Labordery.» Une dame qui vient d'Allemagne, contrairement à ce qu'on pourrait croire. «Elle travaille essentiellement avec l’agate. Elle possède une approche sculpturale de la broche ou de la bague, qui s'apparentent avec elle à un objet.» Certains se souviennent peut-être d'elle. Annick l'avait déjà présentée il y a cinq ans.

Photos amoureuses 

Christine Ventouras renoue avec le 8e art. «J'ai donné à mes artiste un thème, «T'aime». Yann Artus-Bertrand m'a envoyé une œuvre existant déjà, son fameux cœur. Les autres ont cherché l'inspiration. Elle me semble très variée. Il y a un monde entre l'Espagnol Eduardo Sourrouille, qui m'a conçu un immense tirage délirant, et Sylvie Buyssens ou Jean-Daniel Meyer.» Ceux qui donnent dans la grande dimension ont droit à une seule image, les autres à la série.

Pratique

Voilà. Il ne me reste plus qu'à vous donner les coordonnées. «Art 7», huit lieux à travers Carouge, le jeudi 29 octobre de 17h à 21h. Site de l'association www.art7-carouge.com Photo (DR) L'un des dessins de Philippe Giacobino proposés par Marianne Brand.

Prochaine chronique le lundi 26 octobre. Elisabeth Vigée-Lebrun est au Grand Palais. Comment pouvait-on être femme et peintre à la fin du XVIIIe siècle?

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