Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Caisse publique: une nouvelle défaite

Comme prévu, les citoyens helvétiques ont rejeté l’initiative (non: 61,9%; oui: 38,1%) qui postulait la création d’une caisse-maladie publique. Annoncée quelques jours avant le scrutin, la forte hausse des primes pour 2015 n’a eu aucune retombée sur l’issue de la votation. Car les jeux sont faits depuis longtemps. 

Davantage que les Romands, les Alémaniques préfèrent le jeu de la concurrence dans le domaine de la santé plutôt que de s’en remettre à l’Etat. L’approbation de l’initiative par les cantons de Genève, Vaud, Neuchâtel et Jura laisse la porte ouverte à la création de caisses cantonales à condition que les chambres fédérales modifient, un jour, la loi sur l’assurance-maladie. Mais on n'en est de loin pas là.

En dépit du résultat négatif, le parti socialiste et ses alliés n’ont pas à rougir de cette nouvelle défaite dans les urnes. Leur initiative a, une nouvelle fois, permis de montrer les lacunes de la législation et de la gestion de l’assurance-maladie. Leur combat a contraint leurs adversaires à réagir.

Mis sous pression, ces derniers ont finalement accepté de renforcer la compensation des risques afin de limiter la chasse aux bons clients et de soutenir la nouvelle loi sur la surveillance de la branche. Ils ont néanmoins réussi à vider celle-ci d’une partie importante de sa substance.

Certes, cette législation donnera enfin la compétence à l’Office fédéral de la santé publique pour refuser toute prime jugée abusive, mais ses collaborateurs ne pourront pas agir contre les caisses organisées sous forme de holding.

De même, les assureurs ne devront pas obligatoirement rembourser les primes qu’elles pourraient avoir encaissées en trop ni indiquer dans leur rapport de gestion les rémunérations touchées par leurs dirigeants. Ils pourront aussi continuer à démarcher la clientèle par téléphone, à faire de la publicité et à verser des commissions à des intermédiaires.

Pour les perdants du jour, la loi sur la surveillance n’en constitue pas moins une avancée même si elle a tout d’un tigre de papier. On se console comme on peut.

 

 

 

 

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