<p>Rédacteur en chef du Temps, (ex-rédacteur en chef de Bilan)</p>

Depuis le 1er janvier 2015, Stéphane Benoit-Godet dirige la rédaction du quotidien Le Temps. Il était le rédacteur en chef de Bilan de 2006 à 2015. Auparavant, il a travaillé pour les quotidiens La Tribune de Genève et Le Temps 1998-2003), journal dont il a dirigé la rubrique économique (fin 2000 à mi-2003). Juriste de formation, Stéphane a fait ses études en France à l'Université d'Aix-Marseille III. 

 

 

Cahuzac et autres pékins

Il y a quelque chose de pourri au Royaume de France. Jérôme Cahuzac, le brillant ministre du Budget de François Hollande, a été poussé à la démission parce qu’il doit prouver qu’il n’a jamais eu de compte en Suisse.

Le problème n’est évidemment pas là, car rien n’interdisait à cette époque à cet ancien médecin de détenir un compte à UBS ou ailleurs. Il le peut toujours, d’ailleurs, tant qu’il le déclare au fisc français.

Désormais, il est un simple pékin et plus une personnalité politique - un PEP comme disent les banques (mis à part le fait qu’il est sous enquête dans son pays). La France a beaucoup plus de problèmes avec ses élites que la Suisse n’en a avec les clients de ses banques. Un ancien président accusé d'abus de faiblesse sur une femme de 87 ans, une ancienne ministre désormais directrice générale du FMI sous enquête et un responsable des caisses de la France inquiété par la justice ne donnent pas exactement l’image d’un pays en paix avec lui-même.

Sarkozy, Lagarde, Cahuzac: qu’est-ce qui vous permet de prendre de telles libertés avec la décence, l’honnêteté, la droiture? Avoir un compte en Suisse n’est pas la caractéristique d’une personne qui se livre à toutes sortes de turpitudes financières, fiscales ou morales. Ce qui semble plutôt être l’apanage des politiciens de cette fin de Ve république française.

Une vaste enquête sur les PEP

Dominique Strauss-Kahn, avant de sombrer un jour de mai 2011 à New York, avait eu plusieurs fois des ennuis avec la justice. A chaque fois, il en était sorti blanchi, ce qui a contribué à lui conférer un sentiment d’impunité absolument total. Il n’est tombé que parce qu’il a fait le faux pas de trop ailleurs qu’en France et que les Américains ne l’ont plus lâché. La justice et les autorités suisses doivent faire de même: lancer une vaste enquête sur tous les éventuels PEP européens qui ont ou ont eu des comptes en Suisse.

L’UE veut l’échange d’informations? Ce sera demain en prime time sur toutes les chaînes de TV. Mais il faudra que les gouvernements et les parlements s’accrochent bien car cela va secouer.

 

 

Pourquoi je n’écrirai plus de textes sur mon iPhone

C’est l’heure du bouclage et il me faut relire une tonne d’articles et écrire mon édito. Tout doit partir à l’imprimerie pour 14h et je dois justement rejoindre à la même heure une séance à Lausanne. Le train de 13h15 me tend les bras et je laisse derrière moi la rédaction à son tumulte. J’ai 33 mn pour écrire mon édito, pas une de plus. Jérôme Cahuzac sera le sujet. Le ministre français vient de démissionner et les banques suisses se retrouvent une nouvelle fois en ligne de mire.

J’ouvre mon iPhone et je commence à rédiger. Le texte vient mais par saccades et je dois constamment retourner en arrière pour couper, rajouter et arriver pile-poil aux 2450 signes demandés. «Cahuzac et autres pékins», pas le moment d’être dyslexique avec tous ces sons en «K». Fini. J’envoie. En séance à Lausanne, je reçois un mail: trop court de 300 signes. Je rajoute tout en suivant les discussions. Le temps presse mais mon smartphone peut tout et me permet tout… Quitte à finir mon édito tout en écoutant mes confrères.

Et le texte part tout droit, sans correction, sans relecture comme si un fil me reliait directement à l’imprimerie. Quand je relis plus tard sur l’ordi, je vois les fautes - grossières – qui n’ont pas agi comme autant d’alertes avec mes allers-retours de bas en haut du texte sur un écran trop petit. Bref, mon édito contient des fautes dans la version papier du magazine, c’est pour le coup ma faute pleine et entière. Mes excuses aux lecteurs de Bilan, ceux de bilan.ch n’y verront rien puisque tout finit par se corriger sur le net. 

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