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VICE PRESIDENT INTERNATIONAL HUMAN RESOURCES D'EDWARDS LIFESCIENCES

Serge Panczuk est Vice Président International Human Resources d’Edwards Lifesciences (entreprise de medical devices, n°1 mondial dans le secteur des valves cardiaques). Il est basé au siège de l’entreprise situé en Californie. De 2007 à 2013, Serge était basé à Nyon, et était en charge des RH et de la Communication pour les régions Europe Middle East Africa Canada & Latin America. Il était auparavant directeur des ressources humaines en charge du développement de l’organisation au sein de Serono (entreprise de biotechnologie, n°1 mondial dans le traitement de la sclérose en plaques, et de l’infertilité) à Genève. Il a débuté sa carrière au sein de la direction des ventes d’American Express, avant de rejoindre Manpower en tant que directeur de la formation commerciale. Serge a publié plusieurs ouvrages sur le marketing RH (Enjeux et Outils du Marketing RH – Editions Eyrolles 2007), sur le management des ressources humaines (Ressources Humaines pour la première fois - Editions Eyrolles 2006, 100 Questions pour comprendre et agir: les ressources humaines – Editions AFNOR 2007), ou sur la gestion de carrière (Le Guide de votre parcours professionnel – Editions Eyrolles 2007). Serge est également membre du Comité de Rédaction de la revue HR Today (revue suisse des RH), dans laquelle il tient une rubrique régulière. Son dernier ouvrage (publié en octobre 2011 aux Editions de Boeck) porte sur « la Net Generation dans l’entreprise ».

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C'est l'histoire d'un gars qui a un chef, qui a un chef, qui a un chef...

Vous l’avez compris, le thème d’aujourd’hui est la hiérarchie. Elle existe depuis que l’homme est homme, ou que l’animal est animal.

C’est au nom de la hiérarchie que le néandertalien traînait sa femme par les cheveux, que le Roi découpait ses sujets, que le lion attend que la lionne aille chasser, ou que la fourmi soldat s’en va combattre le méchant Tamarin ! La hiérarchie est la colonne vertébrale de toutes les organisations, petites, moyennes ou grandes. Sans elle, pas d’ordre, de durée ou de direction.

Bref, la hiérarchie ça dure depuis longtemps…

En plus, au-delà d’être un élément organisationnel, la hiérarchie joue un rôle social. Parce qu’elle est synonyme d’attributs de pouvoir, de reconnaissance et de respect. Elle nous montre aux autres, nous définit dans la Société et influence jusqu’à nos comportements ou nos Valeurs. Pour certains, elle est à l’origine d’une ambition naturelle, pour d’autres, elle se transforme en obsession...

Bref, la hiérarchie c’est important...

Mais depuis que la hiérarchie existe, la « contre-hiérarchie » existe aussi. L’histoire est remplie de révolutionnaires, d’anarchistes, de libres penseurs ou de consultants qui n’ont eu cesse que de remettre en cause l’ordre établi. Cette dynamique est présente partout, et se nourrit à la fois d’ambition, d’opposition de pensée, de visions divergentes ou d’objectifs financiers.  Mais – en sourdine – on peut aussi citer l’attrait du pouvoir, la jalousie, l’envie ou le besoin de reconnaissance.

Cependant, même ceux qui combattent « leur » système hiérarchique ont – une fois l’ennemi juré abattu - une forte tendance à le remettre en place…

Bref, la hiérarchie, c’est du solide…

Alors faut-il s’arrêter là ? Peut être. Ou pas...

En effet, c’est en lisant les blogs de mes collègues de Bilan que j’ai commencé à me poser des questions Certains y parlent d’innovation, de start-up, d’entrepreneuriat, de la complexité de l’art ou du monde qui se construit. Leur point commun est le mouvement, les nouvelles idées, les questions sans réponses et la remise en cause de l’immobilisme.

Et c’est là que le bât blesse.

Les usines seront bientôt déplacées dans nos appartements par le biais des imprimantes 3D, nous porterons Internet sur nos yeux et on se parlera via des hologrammes. Nous pouvons déjà déclencher l’émotion collective via Twitter, organiser des révolutions dans un Internet Coffee, ou virer des équipes par Facebook.

Les organisations sont devenues hybrides, complexes, nouées et tendent à se reformer dans le « Nuage ». Mais, en matière d’innovation « hiérarchologique », on a juste inventé l’organisation matricielle et les projets... Mais c’était au XXème siècle. Autant dire il y a une éternité.

Bref, la hiérarchie serait-elle une constante ?

C’est ma – vraie - question. Le modèle hiérarchique tel que nous le connaissons va-t-il évoluer ? Le gars qui a un chef, qui a un chef, qui a un chef l’aura-t-il toujours ? Ou allons-nous trouver des systèmes alternatifs ? Parce que le besoin s’en fera sentir.

Au-delà d’une simple question, ceci est un point fondamental qui nous ramène à notre éducation. Les dirigeants d’aujourd’hui ont appris un modèle hiérarchique il y a longtemps. Les nouveaux entrants en ont expérimenté un autre, il n’y a pas si longtemps, sur les bancs de l’Université. Les attentes divergent de plus en plus, créant de la tension, du stress et une dynamique classique d’action / réaction.

Nombreux sont ceux qui essaient d’améliorer le modèle, mais rares sont ceux qui le remettent en cause. Loin de moi l’idée de prôner une « corporate anarchie ». Elle serait bien sûr inefficace et dangereuse.

Mais il me semble important de garder cette question à l’esprit au moment où notre monde s’ouvre et se recroqueville à la fois, et que la technologie nous permettra bientôt de choisir entre « hyperhiérarchie » et... autre chose.

Qui reste à construire… 

 

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