Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

Brexit: une crise… et ça repart?

«La crise était inhérente à la construction européenne au XXe siècle.» Pour Sylvain Schirmann, ancien directeur de  l’Institut d’études politiques de  Strasbourg et titulaire de la chaire Jean-Monnet d’histoire de la construction européenne, c’est par les crises que les partenaires européens ont fait avancer le projet européen, depuis les années 1950 et jusqu’aux années 1990.

C’est lors des tensions sur l’énergie, en raison de la construction d’après-guerre, que la Communauté européenne du  charbon et de l’acier (CECA) voit le jour en 1951, prélude au Traité de Rome en 1957. La fin de la convertibilité du dollar en or en 1971 mène à la naissance du Serpent monétaire européen, embryon d’intégration monétaire. Quand les devises européennes perdent pied et sortent du processus entre 1974 et 1978, la Communauté économique européenne invente le Système monétaire européen au sein duquel va naître la réflexion sur la monnaie unique.

«Tout change avec la chute du mur de Berlin en 1989: là où les citoyens européens acceptaient jusqu’alors la construction européenne pour des intérêts  supranationaux, ils ont remis en priorité les intérêts nationaux», analyse Sylvain Schirmann. 

C’est alors que les premiers rejets populaires apparaissent: le Danemark vote contre le Traité de Maastricht en 1992, la France et les Pays-Bas votent contre le Traité constitutionnel en 2005, l’Irlande de même en 2008… «Quand deux pays fondateurs rejettent un accord, c’est grave. C’est là qu’il aurait fallu que les dirigeants européens s’arrêtent et s’interrogent sur le sens à donner à la construction européenne», juge l’historien français.

«Il faut mettre la pédale douce sur l’intégration des peuples et relancer la dimension construction, politique commune, grands projets», affirmait l’ancien ministre français Hubert Védrine en 2008. Sylvain Schirmann partage cette analyse: «Qu’on le veuille ou non, les flux de réfugiés ont fait naître des interrogations dans la population. Il faut en tenir compte et repenser les frontières, l’intégration, mais aussi des domaines qui concernent les populations comme le social.» 

Le refus britannique va dans ce sens. Reste à trouver quels projets vont redonner du souffle à l’idée européenne. Et qui va les porter. «On vit une crise de  leadership en Europe. Mais Robert Schumann s’est révélé dans le projet européen», note Sylvain Schirmann. A un an d’échéances électorales majeures en France et en Allemagne, difficile de voir quel leader va se révéler.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."