Veillet Thomas

FONDATEUR INVESTIR.CH

Thomas Veillet, 45 ans et des poussières, plus de vingt ans dans des salles de trading, blogueur, trader, râleur et plein d’autres choses. Thomas a passé pas mal de temps dans les grandes banques de la place, a été un banquier conforme avant de passer au non-conformisme. La création du «Morningbull» aura été le début d’un changement de direction vers plus d’indépendance. Aujourd’hui, il essaie de vulgariser le monde de la finance et de le raconter avec un angle décalé, histoire de prouver que ça peut aussi être drôle. Il y a bientôt deux ans, il a co-fondé le site Investir.ch, qui s'est rapidement imposé comme un des sites financiers romands - un site qui parle de finance sans détour, sans artifice et qui a une forte tendance à penser "outside the box" quand tout le monde est inside...

Bourse: prendre le train en marche… ou pas

C’est impressionnant. Les marchés montent comme des fusées. Il y a un mois, on nous vendait un krach boursier comme étant une certitude en cas de victoire de Trump. Trente jours plus tard, les records tombent comme des mouches aux USA, alors que les marchés européens sont au plus haut de l’année.

Bon, d’accord, pas la Suisse, mais en même temps, la Suisse, ça a toujours été le marché qui nous sécurise quand tout va mal, le marché qui monte en dernier en cas d’euphorie, et celui qui baissera le moins quand le château de cartes va inévitablement se péter la figure dans quelques mois, pour une quelconque raison que l’on ne connaît probablement pas encore actuellement.

Le site d’informations financières Bloomberg a bien entendu proposé toute une liste de « mauvaises-nouvelles-qui-pourraient-nous-arriver-en-2017 ». Parmi celles-ci, on envisage que la Californie et les milliardaires qui y résident vont s’en prendre à la légitimité de Trump, une guerre économique entre la Chine et les USA, la Chine qui tombera dans la dépression la plus profonde de l’ère moderne (définissez « ère moderne » comme il vous plaira), l’Etat Islamique qui s’étend en Asie Centrale, Marine Le Pen devient la première Présidente française et lance un référendum pour quitter l’Europe, et en Italie Beppe Grillo arrive au pouvoir et ramène la Lire à la place de l’Euro. Et il y en a encore pleins d’autres…

En revanche, il est plus que probable que ce n’est AUCUN de ces événements éventuels et hypothétiques qui déclenchera le « krach » boursier que l’on attend depuis des mois, si ce n’est des années. Comme d’habitude, c’est un événement auquel nous n’aurons pas pensé qui nous mettra dans l’embarras.

Toujours est-il que, en ce moment, les marchés montent à toute vitesse. Nous sommes en train d'entrer dans une douce euphorie qui en devient presque magique avec l’approche de Noël.

Le problème, c’est que les marchés montent, battent des records, mais on entend encore et on ressent énormément de frustration, probablement parce qu'énormément d’investisseurs ou de gérants de fortune ont « raté » le train de la hausse. Oui, raté, parce que nous avons tellement été « brainwashé » par les experts financiers qui se sont acharnés à prédire la fin du monde pendant toute l’année que personne n’avait le courage de prendre des risques. Et puis, il est vrai, l’économie n’était pas au top de sa forme, sous perfusion des banques centrales qu’elle est depuis quelques temps. 

Sauf que, depuis la semaine passée, Draghi nous a annoncé qu’il réduisait son soutien à l’économie... nous forçant à déduire que l’économie va mieux en Europe. Pendant ce temps, la croissance s’accélère aux USA et la semaine qui vient, la FED va monter les taux, nous rassurant sur le fait que « indubitablement, ça va mieux »... ou alors on nous ment. Ce qui n’est pas forcément exclu non plus…

Toujours est-il que le marché monte, et que bien des investisseurs le regardent faire en se demandant "quand est-ce qu’il va s’arrêter?".

Il  y a un chiffre intéressant qui est sorti cette année et qui laisse supposer que l’on est – peut-être – en train de rater quelque chose.

En effet, un sondage effectué auprès des ménages américains nous apprenait que 52% d’entre eux détenaient encore des actions. Ce chiffre peut paraître énorme en Suisse où nous sommes bien moins enclins à acheter des actions, mais aux USA, c’est ridiculement bas. En 2007, avant la crise des subprimes qui a failli mettre à genoux le monde de la finance, les ménages étaient 65% à investir en bourse.

Il est vrai que, depuis, nous avons été choqués. Plus personne n’avait vraiment envie d’investir, comme après chaque krach boursier d’ailleurs. Sauf que cette fois, ça a duré bien plus longtemps, et ça dure encore. Pourtant le S&P500 est en hausse de 200% depuis les plus bas de 2008... et pourtant, nous sommes encore méfiants. Surtout que la plupart des médias et des professionnels n’ont qu’un but : « Prédire le prochain krach » - chose qui est impossible, mais on peut rêver.

On peut donc se demander ce qui se passerait si, soudainement, les Américains qui n’ont pas encore investi, se réveillaient en janvier en décidant qu’il était temps de racheter des actions. Sans compter que la confiance du consommateur est au plus haut depuis 9 ans, que les revenus des ménages sont en hausse et que le dernier sondage de CNBC en date montre que le nombre de personnes qui croient que « maintenant » est un bon moment, est en hausse de 10% depuis les élections.

Alors, que se passerait-il en 2017, si les « petits investisseurs » décidaient de sauter dans le train et de modifier l’équation qui dit qu’actuellement, 90% des actions sont détenues par 10% des gens les plus fortunés aux USA? Que se passerait-il si la bourse redevenait populaire et que tout le monde voulait à nouveau détenir des actions ?

Peut-être que l’année 2017, que l’on attend molle et ennuyeuse aux dires de nos « experts à Wall Street », pourrait être totalement différente et ressembler un peu plus au mois de décembre que nous sommes en train de vivre. Ne serait-ce pas la plus grande source d’énergie haussière si les individuels décidaient de tenter de rattraper 10 ans de déprime boursière ?

On peut rêver, c’est la saison.

Comme disait Sir Templeton :

« Les bull markets naissent dans le pessimisme, croissent dans le scepticisme, deviennent matures dans l’optimisme et meurent dans l’euphorie. »

Thomas Veillet

Fondateur du site Investir.ch

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