Julien V  A  Vogel

CEO & PARTNER DE VOGELVINS SA

Baigné dès son plus jeune âge dans le monde du vin, Julien-Vincent.-Amédée Vogel, né en Suisse en mai 1977, décide très vite de ne jamais s’y intéresser… Ses racines le rattraperont vite. Après une formation de commerce en apprentissage, il s’installe à Bâle où il crée une agence média, puis à Zurich où il continue sa formation dans le marketing et les médias. Sa vie professionnelle lui fait parcourir toute l’Europe au service de Publicitas Swiss Press. Après un bref séjour à Hong-Kong, il revient en Suisse et travaille dans différents médias de la presse écrite. Il quittera la Suisse en 2005 pour Barcelone où il dirigera la création et le développement du site internet tilllate.com dans la Péninsule ibérique. Il revient en Suisse en 2009 et décide alors de créer un bar à vin à Vevey… Depuis, Yatus existe dans 3 villes de Suisse romande et Julien a repris la direction générale de Vogelvins, maison mère des Yatus et société active dans le commerce de vin depuis plus de 20 ans.

Julien-Vincent.-Amédée Vogel

CEO & Partner de Vogelvins SA

Il vit au milieu des vignes de Lavaux.

Bordeaux Primeurs 2013: un millésime délicat

Depuis des années, on attend les notes de Parker puis après la campagne des Bordeaux Primeurs démarre... Après des années incroyables (2009 et 2010), voici que pour la 3ème année consécutive, le millésime arrivant sur le marché pour l'achat en Primeur n'est pas... au top!

Je vous propose ici un rapide tout d'horizon, histoire de vous faire une idée...

Un millésime délicat : les plus exigeants l’ont apprivoisé !

Climatologie : Du rarement vu, difficile pour les vignerons

Dans les propriétés phares de Bordeaux, les vignerons ont fait preuve d’une extraordinaire vigilance et présence dans les vignes. Un hiver plutôt doux et surtout humide que Bordeaux n’as pas connu depuis 20 ans. Un printemps qui a ressemblé furieusement au mois de novembre. Un mois de juin épouvantable, débutant sur des pluies diluviennes, d’orages et, sur certains châteaux, de la grêle localement. Heureusement,  juillet et août apparaissent sous les meilleurs auspices avec un grand soleil radieux tout au long de l’été. Même tardif, ce millésime a finalement pu mûrir dans des conditions satisfaisantes grâce à une récolte modeste de plus de 27% inférieure à 2012.

Le Travail de la vigne : Primordial

Encore une année de vignerons où il ne fallait pas baisser les bras. Avec ces conditions, plus que délicates, il n’était pas facile de sortir un raisin de qualité. Entre coulure, millerandage ou différentes maladies de la vigne, seules les propriétés se donnant les moyens d’une présence permanente et d’un travail acharné sortent aujourd’hui des vins réussis.

Déjà au printemps, la végétation donnait des signes inquiétants de retard. Au mois de juin, il faisait si froid que les feux de la Saint-Jean étaient dans les cheminées plutôt qu’à l’extérieur. La nouaison (ou fécondité) se passe mal à cause des coulures (les fleurs non ou mal fécondées tombent ou coulent à cause de la pluie) importantes dans le vignoble. Le millerandage est aussi présent, donnant des baies hétérogènes. L’été fait son travail dans la vigne, donnant un semblant de maturité au raisin pendant cette période. Mais dès septembre, les raisins partent vers une course contre la montre pour grappiller les quelques derniers degrés manquants, pour finalement se trouver face à la réalité du millésime. La pluie est de retour avant même que l’automne arrive.

Les vendanges : Le tri, le tri et encore le tri

Lors des vendanges, les châteaux et propriétaires les plus pointus et exigeants se sont donné les moyens et la rigueur pour amener dans les chais des raisins sains, triés avec méticulosité. Le choix s’est ensuite prolongé par une sélection sévère des meilleures cuvées pour composer le 1er ou grand vin. De nombreux châteaux ont un volume de 1er vin de moins 50% par rapport à 2012. 

Conclusion du millésime : Suivez les pros...

La réussite est très inégale dans les propriétés et il n'est pas simple de dénicher les vins présentant les critères de qualité que nous attendions. Les extractions sont pratiquement bonnes à parfaites pour tous les grands noms. L’enjeu de la sélection s’est fait sur la perception en milieu de bouche et sur des finales harmonieuses et équilibrées. Pour le millésime 2013 des bons vins de Bordeaux, les robes sont soutenues, les arômes dominants sont sur les petits fruits rouges et cerises noires, les tanins élégants sont moyennement serrés. Un conseil : écarter les vins marqués par un boisé « séchard », astringents en fin de bouche et parfois herbacés. 

Il est évident qu’un millésime comme celui-ci n’aurait eu aucune chance face à cette météo il y a 20 ans, mais grâce à l’évolution du travail à la vigne et les moyens technologiques à disposition du « meilleur vignoble du monde » en matière de tri et de vinification, les vins seront d’un niveau correct. Les grands professionels du Bordeaux en Suisse devraient être capables de vous offrir quelques "réussites"... 

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