<p>Executive chairman de Teads</p>

Executive chairman de Teads, Pierre Chappaz, 56 ans, préside depuis Genève, la plateforme de vidéo publicitaire mondiale. Créée en 2011, Teads (contraction de Technology et Advertising) est maintenant présent dans 18 pays et fournit sa technologie aux plus grands medias du monde dont Bilan.

Français, Pierre Chappaz est établi dans la région genevoise depuis 2000. Il a fondé le comparateur de prix sur Internet Kelkoo puis l’a revendu à Yahoo! en 2004. Après quelques mois à la présidence de Yahoo! Europe, il reprend l’initiative en fondant plusieurs startups (Wikio, Netvibes, Ebuzzing, Photobox...). Pierre est un blogueur très actif: visitez son blog personnel http://pierrechappaz.overblog.com/ et son blog politique libertarien.overblog.com.

Bon anniversaire la crise!

La faillite de Lehman Brothers, c'était il y a 5 ans. Plombée par les crédits immobiliers pourris, les fameux subprimes, littéralement "prêts hypothécaires à haut risque", la banque déclenchait un véritable tsunami dans le système bancaire. Les gouvernements n'avaient plus le choix: il fallait renflouer les banques en urgence.

Confondant cause et conséquence, le monde politique et les médias embrayaient sur le thème des "salauds de banquiers", au point que l'opinion est aujourd'hui encore persuadée que la crise est de leur responsabilité. La vérité, c'est que les Etats et les banques centrales à leur service sont responsables, et en premier lieu les gouvernements américains successifs.

Pendant des années, pour entretenir la croissance, les dirigeants US ont incité les ménages à s'endetter au-delà du raisonnable pour acheter leur logement. Cette politique irresponsable a connu son apogée après 2001, quand l'administration de Georges Bush accordait des garanties publiques aux banques pour qu'elles prêtent aux ménages les plus insolvables. Rappelez-vous le 26 Juillet 2008, l'effondrement des organismes semi-publics de refinancement hypothécaires Fanny Mae et Freddie Mac.

L'excès d'endettement immobilier n'a pas été qu'américain, mais aussi espagnol, irlandais, ... et dans le même temps, l'euro était à l'origine d'un sur-endettement d'un autre type. Après la création de la monnaie unique, les gouvernements grecs, italiens, français et quelques autres profitaient de taux d'intérêts "allemands" pour emprunter à un coût très bas.

Mais quand les mêmes gouvernements, pour sauver les banques, et "relancer la croissance" compromise par le sur-endettement des ménages, se sont mis à emprunter encore plus, la "crise de l'euro" s'est déclenchée. Les marchés ne faisaient plus confiance aux gouvernements du Sud de l'Europe pour continuer à leur prêter de l'argent.

Source: Coe-Rexecode

Source: Coe-Rexecode

Face à cette crise d'endettement généralisée, la politique menée par les gouvernements et les banques centrales américains, européens, et japonais a été peu ou prou identique: descendre les taux d'intérêt à zéro, et injecter des quantités de monnaie sans précédent dans le système. Cette politique a permis d'éviter pour l'instant l'explosion du système financier mondial, mais contrairement à ce qu'on veut nous faire croire, elle n'a pas mis fin à la crise. Les liquidités restent dans le système bancaire et n'irriguent pas l'économie réelle, car on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif. Les entreprises comme les particuliers se méfient désormais de l'endettement.

Surtout, le peu de croissance est encore une fois obtenu à crédit, avec un rendement terriblement bas. A l'exception de l'Allemagne et de la Suisse, les pays occidentaux subissent en réalité un perte de richesse, puisque que leur croissance nominale est très inférieure à la croissance de leur dette. J'ai fait le calcul pour la France, la perte de richesse est de 2,5% du PIB pour 2013.

Décidément, la crise n'est pas finie.

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