Jacques Lemoisson Lastone

HEAD GLOBAL MACRO & ALTERNATIVE INVESTMENT CHEZ CBH BANK

Jacques Lemoisson a pris ses fonctions au sein de la Compagnie Bancaire Helvétique depuis septembre 2018. Il a acquis une expérience internationale sur les marchés des actions auprès de la banque d’investissement JP Morgan à Londres et Paris, puis une expertise dans la banque privée et la gestion d’actifs chez Lombard Odier, puis chez Banque Cramer au poste de CIO à Genève. Tout au long de sa carrière, Jacques Lemoisson a développé une expertise en géopolitique, ainsi que dans les Fintech et le Blockchain. Ce banquier est diplômé de l’ESTACA (Ecole d’Ingénieur Aéronautique).

BITCOIN : Futures or not Futures That is the Question.

Les différents Futures ont donné une reconnaissance mondiale au Bitcoin, une société au Japon étudierait même le paiement de ses employés en Bitcoin…

Nous avons assisté au lancement des Futures sur le CME, après ceux du CBOE, la semaine dernière… Puis deux ETF ont été lancés cette semaine.

Clairement, la valorisation de la plus célèbre des cryptomonnaies est difficile à calculer ou à estimer. Il faudrait peut-être regarder du côté du mining. Il nécessite la consommation électrique de 290 000 habitations et il est toujours en expansion…

Si vous regardez les deux graphiques ci-dessous, la seul tentation logique serait de “shorter” le Bitcoin. Or via les Futures, c’est chose facile et cela rend possible l’arbitrage avec d’autres crypto-curencies comme l’Ether et le Ripple.

La chute du 22 décembre s’explique également par la cotation des deux ETF Bitcoin sur le NYSE. Souvent sur un sous-jacent moyennement liquide, le lancement d’ETFs correspond à une hausse de ce même sous-jacent, les émetteurs étant obligés de l’acheter massivement avant la cotation. J’ai souvent observé ce phénomène de dégonflement après quelques jours de bourses suivant la cotation d’ETFs sur des indices small-cap.

Nous verrons si il y a beaucoup de courageux pour acheter du Bitcoin sous les 15000$, mais il sera sans doute soutenu à court terme par le lancement de crypto-Hedge Funds. La capitalisation du Bitcoin n’est pas susceptible d’avoir un effet de contagion car elle n’est pas systémique. Mais que dire des investisseurs japonais utilisant des leviers de 15...

Mais si le FMI étudie l’utilisation du Blockchain pour l’émission d’une devise internationale (le DTS), les banques centrales ont maintenant toutes un avis sur la question :

-       La FED : Le manque de transparence est un problème mais Powell estime que le Bitcoin n’est pas assez important pour peser sur le système financier américain.

-       La BCE estime que le Bitcoin reproduit la bulle de la tulipe… mais tout comme Powell, Draghi estime que le problème n’est pas assez important.

-       La PBOC veut garder le contrôle et si l’intérêt est marqué, la Chine a interdit les ICOs et les plateformes de trading sur son sol…

-       La BOJ est en phase d’étude alors que le pays compte déjà les plus grandes plateformes de trading au monde…

-       La Bundesbank étudie activement l’utilisation du Blockchain dans les moyens de paiement mais estime que le Bitcoin est hautement spéculatif.

-       La BOE estime que les cryptocurrencies font parties d’une possible révolution financière. Si Carney estime que le chemin sera long pour transformer la Livre en cryptomonnaie, il pense que le Blockchain dans la gestion des comptes et des données financières est très prometteur.

-       La Banque de France estime que le Bitcoin est le côté obscur de la force…

-       La Bank of India est opposée à toute forme de cryptomonnaie arguant qu’elles sont utilisées pour le blanchiment d’argent. Mais bien sûr la BoI a un groupe de travail sur le blockchain.

-       La Banco Central do Brasil ne voit pas de risque immédiat pour son système financier dans la progression du Bitcoin.

-       La Bank of Canada estime que le Bitcoin et les autres cryptomonnaies sont des actifs…Il y a même un groupe de travail sur l’émission de sa propre cryptomonnaie…

-       La Bank of Korea estime que c’est un instrument pour les criminels et les autorités étudient un impôt sur les gains en capitaux. Certains estiment que le blockchain pourrait heurter certaines technologies coréennes.

-       La Bank of Russia a déjà exprimé ses doutes et ses craintes sur les monnaies digitales. Elle parle de « Pyramid Schemes ».

-       La banque centrale australienne estime que ce n’est que de la spéculation visant à laver l’argent sale…

-       La banque centrale turque estime que les monnaies digitales pourraient apporter de la stabilité dans le système financier si elles sont bien construites.

-       La banque centrale des Pays-Bas est la plus avancée car elle a déjà émis sa propre monnaie digitale, DNBcoin, il y a deux ans… Elle pousse pour l’utilisation du blockchain dans les modes de règlement/livraison.

-       La RBNZ estime que le BITCOIN est trop volatil…

-       La banque centrale du Maroc estime que toute transaction sur des monnaies digitales est un crime.

-       Enfin, la banque des banques, le BIS est ouverte à l’utilisation du blockchain.

Alors oui, le Bitcoin aura un futur, peut-être brillant. Ou comme AOL en 1999, il laissera sa place dans les années ou mois à venir à d’autres technologies blockchain. Il est clair que ces dernières auront autant d’impact que l’Internet sur notre économie et notre société. Lors de l’investissement sur les cryptomonnaies il ne faut jamais perdre de vue cette composante et ne pas courir derrière un actif sans comprendre son environnement.

 

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