<p>Rédacteur en chef du Temps, (ex-rédacteur en chef de Bilan)</p>

Depuis le 1er janvier 2015, Stéphane Benoit-Godet dirige la rédaction du quotidien Le Temps. Il était le rédacteur en chef de Bilan de 2006 à 2015. Auparavant, il a travaillé pour les quotidiens La Tribune de Genève et Le Temps 1998-2003), journal dont il a dirigé la rubrique économique (fin 2000 à mi-2003). Juriste de formation, Stéphane a fait ses études en France à l'Université d'Aix-Marseille III. 

 

 

Bilan vous l’avait dit

La crise financière a frappé au cœur de l’été et, comme les précédentes (dotcoms et subprimes en tête), elle étonne par sa prévisibilité. Qui pouvait feindre de ne pas connaître le problème de l’endettement des Etats? Dans le magazine que vous tenez entre vos mains, nous annoncions, en avril déjà, ce qui a éclaté au grand jour ce mois-ci.

Sous la plume de Myret Zaki à l’occasion de la sortie de son troisième livre, nous prédisions la fin de l’ère dollar et l’éclatement à venir de la bulle de la dette américaine. Certains économistes ont souri. Les mêmes se tordent aujourd’hui dans tous les sens que la gymnastique intellectuelle permet – et elle permet beaucoup quand elle a la mauvaise foi comme instructeur – pour expliquer ce qu’ils n’ont pas vu venir. Il n’empêche.

Certains faits sont parfois tellement énormes qu’ils parviennent à aveugler des esprits par ailleurs brillants et les transforment en adversaires du sens commun. Ces derniers mois, il fallait chercher les victimes de l’effet «pris dans les phares du gros camion de la dette» du côté des banques et surtout parmi les opérateurs boursiers qui ne voulaient ne rien savoir, ne rien entendre. Et qui ont paniqué comme des enfants à la dégradation de la dette publique américaine par S&P. Gloire donc aux journalistes et aussi aux agences de notation quand elles font leur travail. Quand les Etats se trouvent enfin montrés du doigt pour leur mauvaise gestion, il ne faut pas tuer le messager.

La Suisse, elle, s’installe dans une sorte de crise paradoxale où la saine gestion des comptes publics sert de détonateur à une catastrophe économique, l’envolée du franc. Il ne faut pas gâcher cette opportunité de moderniser notre économie. C’est le moment de s’attaquer à la structure des prix qui pèse beaucoup trop lourdement sur le consommateur final. Et d’investir dans des infrastructures qui permettront la prospérité du pays à long terme.

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