Nicolas Herrmann

GESTIONNAIRE PATRIMONIAL ET SPÉCIALISTE EN TRANSMISSION D’ENTREPRISES AUPRÈS DE LA BANQUE PIGUET GALLAND & CIE SA À GENÈVE

Nicolas Herrmann a un parcours atypique et varié. Ses connaissances en fiscalité, prévoyance, droit matrimonial et successoral en font le répondant pour une analyse globale du patrimoine de ses clients.

Après avoir occupé des fonctions de management au sein de plusieurs multinationales, il a orienté sa carrière dans le secteur bancaire où il a exercé en tant que responsable d’équipes et de gestionnaire patrimonial.

En 2005, il a rejoint une grande banque pour intégrer une équipe spécialisée dédiée aux entrepreneurs en tant que gestionnaire patrimonial senior et spécialiste de la transmission d’entreprises. Souhaitant passer de la théorie à la pratique, il a été entrepreneur lui-même de 2008 à 2013 avant de rejoindre la Banque Piguet Galland & Cie SA. Etablissement au sein duquel il lance plusieurs initiatives traitant du domaine complexe et passionnant lié à la transmission d'entreprises dont la mise en place de séminaires de formation spécifiquement dédiés aux cédants et aux repreneurs.

Bien préparer sa succession plutôt que la subir

Avant de transmettre sa société, il incombe au cédant de faire en sorte que la mariée soit belle. L’idée n’est bien évidemment pas de « maquiller » la réalité, mais au contraire de ne rien cacher et de faire en sorte que la société soit transmissible dans le meilleur état possible.

 Ce processus comprend plusieurs étapes:

  1. La planification. C’est sur ce premier point que le cédant devra être prêt à lâcher prise émotionnellement. A cette seule condition il pourra commencer à préparer son avenir et à chercher d’autres buts, d’autres passions, en résumé préparer « l’après ».
  2. La préparation. En premier lieu faire un état des lieux de la société, qui permettra de retraiter le bilan si besoin et d’apporter toutes les mesures de changements nécessaires comme d'adapter la structure juridique ou de commencer à sortir la substance non nécessaire à l’exploitation ou encore de procéder à une adaptation du plan de prévoyance du cédant lui permettant de réaliser des rachats d'années manquantes par exemple.
  3. La valorisation. Il existe plusieurs méthodes: l'approche patrimoniale plutôt utilisée pour la valorisation de petites entreprises, l'approche par les flux qui tiendra compte des rendements actuels et futurs et l'approche de marché qui se basera sur des transactions similaires au type et à la taille de la société à remettre. Il y a également la méthode des praticiens, très appréciée tant par le cédant que par le repreneur et qui prend en compte les rendements futurs ainsi que la valeur du patrimoine, chaque partie y trouvant son compte. Il est conseillé d'utiliser plusieurs de ces méthodes et de faire une moyenne des valeurs ainsi obtenues.
  4. L’identification du ou des repreneurs. Sur ce point, il est très important que le cédant se laisse le choix entre plusieurs options. Les repreneurs peuvent être des membres de la famille, des cadres de l’entreprise, des cadres de sociétés concurrentes et des investisseurs financiers ou industriels. Le prix de vente pourra varier en fonction du repreneur. Par exemple, un concurrent sera disposé à mettre le prix pour s'offrir un compétiteur, ce qui ne sera pas forcément le cas si c'est un membre de la famille qui rachète la société.
  5. La mise en place de la partie formalités avec signature d’une lettre d’intention, réalisation d'une due diligence, négociation avec l’acheteur, définition des modalités de paiement et rédaction des contrats.
  6. L’accompagnement du repreneur et la sortie progressive du cédant.

Pour traiter tous ces points le cédant aura besoin d’être bien entouré car la transmission d’une entreprise nécessite des compétences très pointues dans des domaines aussi variés que la comptabilité, la fiscalité, la prévoyance, le droit matrimonial, le droit des successions, le droit commercial, le droit des contrats, le droit des brevets, le droit de la propriété intellectuelle et cette liste n’est pas exhaustive.

Idéalement, le cédant devrait déléguer le processus de la transmission à un tiers hors du cercle familial et de celui l’entreprise, une sorte de confident dont les avantages sont multiples.

Cette personne aura pour rôle principal de coordonner les différentes étapes de la transmission ainsi que les actions des différents intervenants durant le processus avec tout le recul nécessaire.

L'autre avantage non négligeable de passer par un tiers c'est que celui-ci n’a pas la charge émotionnelle du cédant qui pourrait s’avérer bloquante au moment crucial. Par son approche globale, ce confident pourra également désamorcer les conflits et il pourra servir de « pare-feu » lors des premières négociations avec le repreneur. 

En se préparant de la sorte, le cédant gardera la maîtrise de la transmission de son entreprise au lieu de la subir.

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