Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

BERNE/La Fondation Hahnloser-Jaeggi ira au Kunstmuseum en 2017

Crédits: Hahnloser-Jaeggi Stiftung

Je vous ai dit il y a quelques jours que la cour de Justice de Munich avait pris sa décision dans l'affaire Cornelius Gurlitt. La succession (ou ce qui en restera après d'éventuelles restitutions) ira au Kunstmuseum de Berne. La nouvelle était urgente. J'ai en revanche attendu pour diffuser la nouvelle suivante, qui remonte au 20 octobre. Le même Kunstmuseum deviendra le dépositaire, à partir d'août 2017, de la Hahnloser-Jaeggi Stiftung. Autrement dit de la fondation formée par les héritiers du légendaire couple de collectionneur Arthur et Hedy Hahnloser de Winterthour. 

La fondation a été créée en 1980. Elle contient une partie de ce legs collectif, plusieurs fois divisé, dont pas mal de pièces ont été vendues. Ou données. Le Kunstmuseum de Berme (toujours lui!) a ainsi reçu en cadeaux «Les tournesols» de Van Gogh et «L'enlèvement d'Europe» de Félix Vallotton. Une partie de la Villa Flora, où vivaient Hedy et Arthur, a ensuite ouvert au public. Les visiteurs tournaient dans la maison, dont le cœur restait habité par la famille et dont le jardin leur restait interdit. La chose n'a pas rencontré de véritable succès. Des ennuis financiers ont suivi. Les Hahnloser-Jaeggi, comme bien d'autres créateurs de musées privés suisses, ont découvert qu'une telle institution coûtait cher à maintenir. Il s'opère ainsi de discrètes fermetures et d'autres restent sans doute à venir. Tout le monde ne dispose pas de la dotation du Musée Baur à Genève!

Un contrat de quinze ans

Winterthour se trouve en mauvaise posture financière. La ville st dans le rouge vif. Mauvais pour les musées! Il y avait un projet de regroupement. Il a marché avec succès, comme je vous l'a récemment raconté, pour la Fondation Oskar Reinhart, le Kunsmuseum et les fondations Kern et Briner. Il avait été prévu au départ de faire quelque chose de commun avec la Villa Flora. Les tractations n'ont apparemment pas abouti. 

Berne, qui avait échoué il y a longtemps à maintenir dans ses murs la Fondation im Obersteg, partie pour le Kunstmuseum de Bâle, a réussi cette fois son coup. Il aura les tableaux (Bonnard, Vuillard, Manguin, Van Gogh, Vallotton, Renoir...) lors de la fin d'une tournée qui les menés avec succès à Paris, au Musée Marmottan, Hambourg et Halle. Ils resteront quinze ans à sa disposition. Contrat renouvelable. Ce dernier viendrait cependant immédiatement à échéance si la Villa Flora devait un jour rouvrir «dans son intégrité».

Un musée à repenser 

Le Kunstmuseum est l'un des grands malades parmi les musées suisses. Trop d'expositions (trois en ce moment). Une collection largement en caves. Très peu de visiteurs. Une personnalité globale à redéfinir. Et je ne parle pas de l'architecture! Depuis l'agrandissement pratiqué il y a une trentaine d'années déjà, le bâtiment se cherche. Comment le rendre un peu moins triste? De quelle manière le réanimer, alors qu'il faudra bien trouver des passerelles avec le Zentrum Paul Klee et que la Kunsthalle n'en finit pas de descendre aux enfers? On avait même parler de supprimer cette dernière. Vous voyez où en en est.

Photo (Hahnloser-Jaeggi Stiftung): "Le semeur" de Van Gogh, la pièce sans doute la plus connue de la fondation.

Texte intercalaire.

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