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EXECUTIVE DIRECTOR CHEZ SYMBIOTICS ET VICE-PRÉSIDENT DE SUSTAINABLE FINANCE GENEVA

Titulaire d’un master en relations internationales de l’Institut des Hautes Etudes Internationales de Genève et d’un certificat de formation continue en gestion quantitative de portefeuilles de l’Université de Genève, Fabio Sofia a démarré sa carrière auprès de Lombard Odier à Genève dans la gestion de projets pour le département des produits, puis a rejoint la section politique pour les droits humains au Département Fédéral des Affaires Etrangères à Berne. Depuis 2004, il travaille pour Symbiotics SA, une société leader en investissement d’impact dans les pays émergents, spécialisée dans le financement d’institutions de microfinance. Il a été successivement analyste d’investissement, responsable régional pour l’Amérique Latine, client relationship manager et aujourd’hui head of business development et membre du comité exécutif de Symbiotics. Depuis 2012, il siège également au comité exécutif du "Sustainable Finance Geneva" en tant que vice-président, une organisation à but non-lucratif qui promeut la finance responsable et durable en Suisse.

Behind the brands

Avec bientôt 9 milliards d’habitants, la planète voit chaque jour grandir le sujet de la sécurité alimentaire. Partant du constat que presque 900 millions de personnes se couchent le soir avec un (gros) creux à l’estomac, alors que le monde regorge de nourriture, Oxfam, organisation internationale active dans le développement, a lancé une campagne intitulée GROW. Un acronyme qui fait référence au besoin d’adapter la croissance économique pour la rendre plus équitable, moins destructrice de l’environnement, plus durable au fond.

Un des projets de la campagne qui en découle, intitulé « Behind the brands », est de classer les 10 plus grandes sociétés agroalimentaires par rapport à leurs pratiques sociales et environnementales, puis de suivre leur évolution dans le temps. Les critères de classification se basent sur différents aspects comme la gestion de la terre ou de l’eau, les conditions de travail des paysans, ouvriers et des femmes, ou encore la transparence des informations fournies.

Après trois séries de résultats, Nestlé arrive en tête avec un score de 61 sur 100, 100 étant le niveau parfait de conscience, d’expertise, d’engagement et de maîtrise de la chaîne de production selon Oxfam. Ce score fait donc de Nestlé la seule société agroalimentaire obtenant un résultat satisfaisant. Surprise ? Oui et non. Selon certains, il y a encore beaucoup à faire au sein de la multinationale de Vevey. Selon d’autres, notamment les agences de notation ESG (rating sociaux, environnementaux et gouvernance), Nestlé s’était déjà convertie ces dernières années en une société leader en la matière d’où une surprise plutôt modérée.

Qu’est-ce que ceci signifie ? Avec bientôt 100 milliards de francs de chiffre d’affaires, Nestlé est virtuellement la 60ème puissance économique mondiale, ce qui la place entre le Maroc et l’Equateur, équivalent à près de 17% du PIB suisse.

Avec une amplitude pareille, la force de frappe en matière sociale ou environnementale est évidemment extraordinaire. Alors quand une société de cette taille signe une convention internationale sur les droits humains ou qu’elle décide d’imposer des nouvelles conditions de travail pour les producteurs de café par exemple, l’impact peut être formidablement positif. Ce n’est donc pas une surprise si la société civile fait prioritairement pression sur les groupes leaders plutôt que sur les petites sociétés. Et ce même si les multinationales ont parfois des pratiques plus responsables en matière sociale et environnementale que les PME. Le romantisme a vécu,  vive le pragmatisme !

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