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EXECUTIVE DIRECTOR CHEZ SYMBIOTICS ET VICE-PRÉSIDENT DE SUSTAINABLE FINANCE GENEVA

Titulaire d’un master en relations internationales de l’Institut des Hautes Etudes Internationales de Genève et d’un certificat de formation continue en gestion quantitative de portefeuilles de l’Université de Genève, Fabio Sofia a démarré sa carrière auprès de Lombard Odier à Genève dans la gestion de projets pour le département des produits, puis a rejoint la section politique pour les droits humains au Département Fédéral des Affaires Etrangères à Berne. Depuis 2004, il travaille pour Symbiotics SA, une société leader en investissement d’impact dans les pays émergents, spécialisée dans le financement d’institutions de microfinance. Il a été successivement analyste d’investissement, responsable régional pour l’Amérique Latine, client relationship manager et aujourd’hui head of business development et membre du comité exécutif de Symbiotics. Depuis 2012, il siège également au comité exécutif du "Sustainable Finance Geneva" en tant que vice-président, une organisation à but non-lucratif qui promeut la finance responsable et durable en Suisse.

Banking is essential, banks are not

Banking is essential, banks are not. Bill Gates l’a dit il y a plus de 15 ans. Et il n’est plus le seul à le penser. De nombreux experts voient le modèle du secteur bancaire traditionnel se modifier au point de dire que sa fin est proche… Même si cela tient encore de la prophétie, un fait reste pourtant clair: les activités bancaires sont essentielles pour une croissance économique durable. Un autre l’est tout autant: l’innovation technologique permet une baisse des coûts de transaction et une démocratisation de l’accès au capital. Ceci offre de magnifiques opportunités dans un monde où 2.5 milliards de personnes vivent sans relation bancaire !

La principale conséquence est sans aucun doute le processus de désintermédiation des services financiers, stimulés par l’apparition des plateformes en ligne et des réseaux sociaux. Tout un chacun, ou presque, peut désormais s’inscrire sur des sites de recherche de financement et publier sa demande. Le crowdfunding, financement participatif ou encore le prêt de gré à gré, ont fait leur apparition sous de multiples formes.

En Suisse, plusieurs modèles permettent de lever des fonds, aussi pour des volumes modestes. Le journal Le Temps y a d’ailleurs consacré cet été plusieurs articles très intéressants. Un exemple tout aussi pertinent pour les philanthropes en herbe est kiva, une plateforme en ligne permettant à une personne de prêter de l’argent à un entrepreneur situé dans un pays émergent. Le prêt est sans intérêt et passe en fait au travers de partenaires financiers situés sur le terrain (des institutions de microfinance). Malgré cela, il permet de prêter virtuellement USD100 à un agriculteur situé en Tanzanie et de suivre ses activités.

Le deuxième aspect est la transformation de tout point de vente en agent bancaire potentiel. Grâce à des terminaux de paiement en ligne (POS ou point of sales), toute pharmacie, épicerie, station essence ou agence postale, permet à des personnes d’effectuer des paiements ou des transferts d’argent. Ce développement est tout à fait extraordinaire dans des régions où toute agence bancaire est parfois située à plusieurs heures, voire plusieurs jours du lieu de résidence.

Payer sa course de taxi au travers de son mobile est désormais plus simple à Nairobi qu’à New York. Comment est-ce possible ? Grâce au mobile banking. M-Pesa, joint-venture entre Safaricom et Vodafone, est devenu en 6 ans, le leader mondial du mobile banking.

Initialement conçu pour servir d’interface de paiement pour les microentrepreneurs, la technologie s’est avérée si probante qu’aujourd’hui elle permet, sans relation bancaire, d’effectuer des paiements ou des versements, d’emprunter ou d’épargner, ou encore de recevoir de l’argent au travers de son téléphone mobile. Au Kenya, où M-Pesa a démarré ses activités en 2007, plus de 17 millions de personnes, soit plus de 2/3 de la population adulte, utilisent ses services. Plus globalement, en Afrique, où plus d’une personne sur deux a un téléphone mobile alors que moins de 2 personnes sur dix ont un compte bancaire, cette technologie est une révolution !

Que signifient donc ces quelques exemples d’innovations? Que les activités bancaires restent effectivement fondamentales, et que sans innovation les banques n’ont plus le monopole pour servir l’économie et la société. Finalement, on parle bien de démocratisation du capital.

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