Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

BÂLE/LA Fondation Beyeler veut encore grandir

Et c'est reparti! Ouverte au public en 1997 à Riehen, la Fondation Beyeler avait déjà connu un agrandissement par la suite. Il était également l’œuvre de Renzo Piano, qui y était allé pianissimo. Conçue comme un prolongement, l'adjonction demeure presque invisible. La chose ne suffisait pas. Une nouvelle excroissance se voit donc annoncée aujourd'hui. La Fondation s'est «portée acquéreuse d'un droit d'emption sur le parc Iselin-Weber, qui jouxte son domaine.» L'idée est de préserver le site, «planté de vieux arbres». Elle vise surtout à satisfaire la boulimie d'activités du centre culturel, qui a accueilli 5,6 millions de visiteurs en dix-sept ans. 

Il faudra bien des efforts pour parvenir au résultat voulu. Bien que boisé, le lieu en question abrite trois petits immeubles (qu'il s'agira de démolir) au 5, 7, et 9 Bachtelenweg. Le nouveau bâtiment, voulu «prestigieux», aura besoin de se voir agréé, avec sa salle d'exposition et son espace «multifonctionnel». L'édifice, dont la construction se verra soumise à un concours international d'architectes, devra en effet «s'intégrer au paysage environnant». De quoi se battre longtemps pour 9500 mètres carrés... Je rappelle que les habitants de Riehen, commune sur laquelle s'érige la Fondation, avaient demandé un vote avant le début des travaux dans les années 1990. Cela dit, on se montre plus expéditif à Bâle qu'à Genève. Il suffit de penser à la vitesse dont pousse, en ville, le nouveau Kunstmuseum...

50 millions déjà en caisse

Qui paiera la facture? Pas le contribuable. Nous sommes en Suisse alémanique. Il y a déjà 50 millions dans la caisse. On y trouve l'apport de la Wyss Foundation comme de la Daros Collection. Hansjörg Wyss est l'initiateur du projet. Il préside en plus la Beyeler Stiftung. Cerise sur le gâteau, l'homme semble au mieux avec la propriétaire du terrain, dont il vante «la bienveillance et la générosité». Quant à Stephan Schmidheiny, aujourd'hui à la têt de la Daros Collection, il se frotte les mains. «Je suis heureux que la Daros Collection puisse contribuer à ce projet visionnaire.» 

Il y aura tout le temps pour revenir sur la chose. Avant de provisoirement conclure, un mot sur la Daros. De quoi s'agit-il? Très simple. Dans les années 1980, le milliardaire (et amateur d'art contemporain) Alexander Schmidheiny s'était associé au galeriste Thomas Ammann pour former un ensemble de pièces prestigieuses, allant de Barnett Newman à Jean-Michel Basquiat. Les deux Suisses sont morts prématurément. Leurs acquisitions se sont vues érigées en institution, sans lieu d'exposition fixe. Il y a eu quelques ventes et des achats de complément. Depuis 2010, Daros s'est associé aux Beyeler. La Collection prolonge le travail du marchand bâlois, dont les intérêts s'arrêtaient un peu aux années 1970. Son apport rappelle donc un peu celui prévu au Kunsthaus de Zurich par Hubert Looser.

Photo (Georgios Kefafas/Keystone): Une image insolite de l'exposition Gerhard Richter, avec laquelle la Fondation Beyeler vient de casser la baraque.

Texte intermédiaire.

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