Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

BÂLE/La Fondation Beyeler sort son livre de comptes 2015

Crédits: AP

Tout va bien, ou presque. Les fondations parrainant (Hansjoerg Wyss Foundation plus Beyeler Stiftung) le musée privé de Riehen/Bâle, ont dû éponger un déficit en 2015. Il faut dire qu'ici on vit sur un très grand pied. La divulgation des résultats de l'année 2015 le prouve. Les expositions ont coûté en tout 11,9 millions. La Fondation Beyeler a utilisé en tout les services de 204 collaborateurs. Les frais d'entretien se montent à 2,8 millions. 

Comment engranger cet argent? Les entrées, dans ce qui constitue sans doute l'institution suisse où le billet coûte le plus cher, ont procuré 7,9 millions. Le sponsoring et les subventions en ont ajouté 5,9, ce qui représente une augmentation de 35 pour-cent par rapport à 2014. Il y a un trou, mais il faut dire que la rétrospective Paul Gauguin a coûté cher. Très cher. Six millions quatre cent mille francs. Il a fallu trouver un mécène pour le seul envoi du gigantesque «Qui sommes-nous? D'où venons-nous? Où allons-nous?» depuis le Museum of Fine Arts de Boston. La toile, presque jamais prêtée, a en plus été présentée à Bâle sans le caisson vitré la masquant de reflets à Paris, lors d'une exposition au Grand Palais. On a parlé d'un coût d'un million, chiffre non confirmé.

Les foules pour Gauguin

Reste que Gauguin a drainé les foules. Sur un total annuel de 481.704 visiteurs, 369.787 sont venus pour lui. Du coup, la fondation a enregistré un accroissement de sa fréquentation de 38 pour-cent. Il s'agit là sans doute là d'un exploit non renouvelable: la préparation de cette manifestation a duré dix ans. La Fondation du coup accueilli dans l'année son six millionième visiteur, alors qu'elle a été ouverte en 1997. Les gens sont bien sûr venus de toute la Suisse, mais aussi de l'étranger. Notons que dans cette ville frontière la présence allemande est plus de deux fois plus forte que celle des Français. L'international n'en représente pas moins 55,19 pour-cent des entrées de 2015. 

La Fondation tient a souligner le nombre des visites guidées (1926) et des classes d'école (670). La consultation du site internet a explosé. Il y a eu l'an dernier 1.089.934 visites contre 896.065 en 2014. Les 115 vidéos de Youtube, elles, été vues en tout 294.612 fois. La presse ne demeure pas en retrait. En 2015, ce sont 4775 billets qui ont été donnés à des journalistes, engendrant ainsi 3547 comptes-rendus. Je vous fais grâce des concerts et des spectacles.

Vers un agrandissement

Tout va donc bien, comme je vous le disais, pour l'institution qui se prépare à un nouvel agrandissement, annoncé publiquement le 29 janvier 2015. Un nouveau bâtiment remplacera trois petits immeubles sur l'lseli-Weber Park de Riehen, qui fait 9500 mètres carrés. On en reste ici aux prémisses. Mais tout va généralement plus vite à Bâle qu'à Genève.

Photo Site de la Fondation Beyeler): Keanu Reeves, qui s'est produit lors de l'exposition Gauguin.

Ce texte accompagne celui sur l'exposition Dubuffet à la Fondation Beyeler. Il se trouve immédiatement au-dessus dans la file.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."