Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

BÂLE/Clare McAndrew produira un rapport annuel sur le marché

Crédits: DR

C'est une grande nouvelle dans le monde minuscule du marché de l'art. Clare McAndrew s'associe avec «Art/Basel» pour produire dès 2017 un nouveau rapport annuel sur le marché de l'art. Un rapport annuel «objectif et indépendant», avec plein de «fondamentaux». L'Union de Banques suisses (UBS) est dans le coup. Il faut bien financer ce projet, qui se verra mené à bien par un certain nombre d'experts travaillant pour le compte de la firme Arts Economics, que Clare a fondée à Dublin en 2005. 

Tout le monde se frotte les mains. Marc Spiegler, directeur d'«Art Basel» se dit heureux d'avoir un nouveau lien avec UBS, qui soutient la foire depuis maintenant vingt-deux ans. Je vous épargne ici ses phrases creuses. Jürg Zeltner, le président de l'UBS Wealth Engagement. Il voit là un nouvel outil pour analyser la recherche financière à travers le monde. La blonde Clare, qui ressemble à une journaliste pour émissions d'informations à la TV, se déclare enfin très excitée par cette nouvelle aventure. «Je suis reconnaissante à «Art/Basel» et à l'UBS de leur support pour pouvoir continuer à mener une recherche neutre sur l'état du marché.»

Arrachée à la concurrence 

Dans ce concert de congratulations mutuelles, un mot manque. C'est TEFAF. Jusqu'ici, Clare produisait le même rapport pour la foire hollandaise, davantage tournée vers l'art du passé. Donnerait-elle désormais deux rapports? Bien sûr que non! Bâle s'est offert la dame, à l'âge non indiqué sur son site et à l'origine apparemment irlandaise, comme un trophée. Elle l'arrache à la concurrence, puisque TEAF aura désormais deux extensions américaines, dont une vouée à l'art contemporain. C'est ce qui me semble de bonne guerre, puisque guerre il y a. 

Le rapport jouit d'une haute estime dans un certain milieu. Cette Bible a toutefois ces incrédules. Je vous ai récemment parlé de la dernière en date, autopsiée comme un cadavre par «Il Giornale dell'Arte». Tout s'y voit mis en doute, et pour cause. Comment chiffrer le nombre de gens travaillant sur Terre pour le marché de l'art? De quelle manière estimer un chiffre global sur une année, alors que des pans entiers du marché restent opaques, à commencer par les transactions privées et le travail des courtiers? Que se passe-t-il dans les ports francs, dont la franchise n'est la la caractéristique majeure? Clare a du reste récemment admis qu'obtenir des renseignements fiables "devenait de plus en plus ardu". 

Qu'importe! Il y aura un premier rapport l'an prochain. Parution fin mars, au moment d'Art Basel Hong-Kong. Il faut bien une coïncidence. L'indépendance connaît tout de même ses limites.

Photo (DR): Clare McAndrew. Une dame qui fait autorité sur l'économie du marché de l'art.

Texte intercalaire.

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