Aymeric Jung

MANAGING PARTNER CHEZ QUADIA IMPACT FINANCE

Membre de Sustainable Finance Geneva, Aymeric Jung est managing Partner de Quadia Impact Finance et aussi membre fondateur de Slow Money Francophone pour soutenir l’investissement direct dans les systèmes locaux de nourriture avec l’esprit de la finance durable. Il continue ainsi son rôle en ingénierie financière commencée en banque d’investissement et sur les marchés financiers.

Après un Master d’Economie et de Gestion et un 3ème cycle de spécialisation en Finance Internationale de l’Université Paris IX Dauphine, Aymeric Jung a intégré en 1995 le Crédit Lyonnais sur les Produits Dérivés à Paris, Zurich et Londres, d’abord en Origination, puis comme responsable de l’Ingénierie Financière sur les Fonds d’investissement. Il a ensuite rejoint les équipes du Crédit Suisse, puis de Lehman Brothers jusqu'en Septembre 2008 et la banque Nomura.

Principalement orienté vers l’innovation et la flexibilité pour les investisseurs, il a participé à la création de la première Reverse Convertible Notes en Suisse en 1998, puis aux options sur fonds et hedge funds en 2000 et ensuite à la gestion des risques extrêmes de 2007 à 2013.

Plus récemment, son analyse sur la dérive des marchés financiers l’a amené à se concentrer sur des projets en Finance Solidaire et en Impact Investing en faveur de l’économie circulaire.

L'impact investing pour contrebalancer le hasard?

Le hasard des rencontres n'existe pas pour ceux qui marchent sur le même chemin.

Il y a tant à faire et créer. C’est inspirant, mais parfois un peu décourageant. Encore plus quand des élections présidentielles montrent un aspect court-termiste, calculateur et populiste. Cette phrase sur le hasard résonne en moi depuis longtemps et a pris forme, très concrètement, ces trois dernières années.

Quelles belles surprises ces rencontres au sein de Fondations et Associations… Mais sont-elles dues au hasard ?

Le hasard est défini comme étant la cause d’événements apparemment fortuits ou inexplicables” (Larousse). Son origine vient de l’arabe az-zahr ou yasara, le dé. Si le hasard mène la danse (…) alors notre volonté ne compte pour rien…La vie n’a aucun sens. Mais si tout est déjà programmé à l’avance, alors rien ne sert de vouloir, la liberté n’existe pas” (Philosophie Magazine 08/2011).

Comment contrebalancer le hasard ? Par le calcul des probabilités comme le montre la finance de marchés ? Par l’engagement personnel comme le propose l’Impact Investing?

Les modèles de calcul des prix des options et les modèles statistiques ont révolutionné la finance des années 80 puis la gestion des risques de portefeuilles des années 2000. D’abord, il fallait analyser et anticiper, puis programmer et calculer. On se protégeait de la baisse, du risque de l’événement hasardeux. Restait quand même, selon Nassim Taleb, l’impact extrême des événements rares, le Black Swan. La puissance des calculs des ordinateurs accélère cette tendance. Les algorithmes passent les ordres en bourse. En private banking, ils déterminent le profil du client.

J’ai travaillé 20 ans dans un milieu qui voulait tout prévoir. J’en étais troublé. Je me passionne depuis 10 ans pour un milieu qui prévoit de vouloir. J’en suis profondément touché et intimement ébloui. Les cygnes sont cette fois blancs et nagent pour un monde durable. Justement, la finance durable s’organise, des personnes diverses se découvrent et se retrouvent. Entrepreneurs sociaux, philanthropes, investisseurs et fondations collaborent.

Oui, on peut croire au hasard de sa naissance, au hasard des premières rencontres mais en avancant dans la vie, on apprend à se connaître. Là apparaîtrait une différence dans le séquencement des verbes Faire - Avoir - Être comme j’en parlais déjà dans ce blog en Octobre dernier. Ce n’est plus Faire pour Avoir puis Être, mais bien Faire selon sa raison d’Être. Si cette raison d’être dépasse l’égo puis associe passion et mission, alors on trouvera des personnes ayant en commun les mêmes envies. Je ne crois donc plus au hasard des rencontres comme par exemple avec l’association NiceFuture, et Carmen.

Selon Carmen, lorsque nous prenons acte de notre conscience nous sommes en mode d’ouverture et d’alignement avec notre être. Cela nous amène des personnes et des situations qui nous font évoluer en partageant et co-créant un renouveau. Ce serait en quelque sorte la loi de l’attraction. Nous avons décidé de contribuer au nouveau modèle économique car notre chemin de vie nous a montré les limites du système. Chacun dans son domaine d’expertise et de cœur peut y participer puisque chaque pas se fait en pure conscience. Justement, le domaine des finances et de l’économie sont des briques qui favorisent fortement ce changement. Montrer l’exemple en ouvrant de nouvelles perspectives crée notre intention d’améliorer le monde actuel qui ne correspond plus au sens qu’on aimerait vivre. Sortons de la peur et trouvons des solutions cohérentes en accord avec qui nous sommes vraiment. En chacun de nous germe une bienveillance, à nous de trouver la clé, en chemin individuel et/ou collectif. Et si on acceptait l’incertitude du futur en ayant tout simplement confiance ? Quel plaisir quand le hasard se révèle par des rencontres pleines de gratitude.

Sans engagement, intention ou volonté la place du hasard peut se révéler déterministe, voire fatale. Avec une mission et de la volonté alors le hasard prend tout son sens.

R.Enthoven distingue, dans le hasard, la coïncidence et la contingence, comme absence de sens. Carl Gustav Jung propose de nommer synchronicité une relation entre deux événements qui ne relève pas d’une association causale, mais d’une association par le sens. On parlerait donc de synchronicité dans les rencontres qui nous transforment. La volonté reprend son pouvoir et désigne des devoirs. C’est le cercle vertueux où le hasard, certes, a sa place, mais comme des opportunités et non plus comme des obstacles ou fatalité. Si le système vous heurte, montrez de l’engagement dans vos investissements et dans vos actions, et je vous promets de belles rencontres.

 

écrit avec Carmen Fankhauser 

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."