Aurore Bui

FONDATRICE DE SOFTWEB

Aurore Bui est la créatrice et la directrice de Softweb, une entreprise sociale dont le but est de favoriser la réalisation de projets sociaux, et qui conseille les ONGs et entreprises sur l'évaluation de leur stratégie et la mise en place de nouveaux programmes. Elle est formatrice et intervient dans des conférences sur le thème de l'innovation sociale, la responsabilité sociale des entreprises et l'autonomisation économique des femmes. Aurore a 15 années d’expérience dans le conseil stratégique, la gestion de projets informatiques et le management des organisations à but non lucratif. Elle possède un diplôme d’ingénieurs d’une grande école française, un master du Kings’ College London et un MBA en gestion des Organisations Internationales (IOMBA) de l’Université de Genève. Elle est membre du comité suisse de l'ONU Femmes.

Shall we dance?

Innovation et entrepreneuriat classique vont souvent de main en main. Par contre, dans le domaine du social, l’innovation se heurte trop souvent à un mur, par manque de reconnaissance et de valorisation.

Pourtant, l’entrepreneuriat social est un moyen très efficace pour mettre en lumière le rôle central de l’innovation pour la résolution des problématiques sociales.

Dans quelques jours, mardi 19 mars à 18h dans les locaux de la Fondetec à Genève aura lieu une séance d’information sur le lancement du concours Impact d’Ashoka[1]. Déjà annoncé à Lausanne et à Fribourg il y a quelques jours, ce concours vise pour sa deuxième édition à se faire connaître auprès d’un plus grand nombre d’associations et entreprises sociales.

Nous avons interrogé Benedetta Barabino, de l’association Dance with me[2], qui a gagné le concours l’an dernier.

Benedetta, parlez-moi de votre parcours en quelques mots? Qu'est-ce qui fait de vous un(e) entrepreneure(e)??

Je crois que nous sommes tous entrepreneurs lors qu’on donne vie et forme à nos aspirations et nos rêves.

Me concernant, après 10 ans de recherche académique dans les Neurosciences et des études en Formation d’Adultes, j’ai développé la conviction que l’isolement est une des causes et des effets majeurs de la souffrance psychique. C’est dans le but de développer des approches novatrices dans ce domaine que j’ai crée Dance with me en 2009. L’association utilise l’expression artistique et notamment la danse pour promouvoir les liens communautaires et combattre l’isolement social.

Mon engagement est né d’un part de mon désir de contribuer au dialogue entre soignants et patients au-delà de leurs rôles respectifs et de l’autre de la rencontre avec Pierre Dulaine, éducateur extraordinaire et créateur du programme Dancing Classrooms en milieu scolaire. Son engagement et l’encouragement infatigable d’une chère amie et collègue, Keiko Taylor, qui propose aujourd’hui ce programme dans les écoles en Suisse, ont été les éléments déclencheurs de mon engagement dans ce domaine. Nous promouvons aujourd’hui le programme Dancing Communities dans le cadre des institutions psychosociales, des entreprises et avec un programme d’intégration ouvert à tout public en dehors des murs institutionnels.

Inspirée par Mohammed Yunus et sa vision à propos du rôle du social business, j’ai voulu orienter Dance with me, depuis son début, vers l’entreprenariat social, de manière à garder une cohérence entre les valeurs promues par l’organisation à l’extérieur et son fonctionnement interne. Ma participation au concours impact d’Ashoka l’an dernier m’a permis de m’engager plus fermement sur ce chemin vers l’entrepreneuriat social

Quel est le plus gros succès que vous avez rencontré? Et le plus gros échec?

À chaque fois qu’un de nos bénéficiaires (re)découvre la valeur de sa propre vie au-delà de ses conditions de santé et de sa situation sociale et prend conscience de son désir de contribuer au bien-être de sa communauté, je me dis « Ca c’est un petit/grand miracle ! ». Dans ces moments, je ressens un profond sens d’accomplissement et tous les doutes disparaissent. Un autre signe de succès pour notre organisation est le sens d’épanouissement des collaborateurs et leur fierté lorsqu’il contribuent, par leurs actions, au bien-être de la société.

Concernant les échecs, je les vois seulement comme des occasions d’apprendre. Penser ainsi me permet de retrouver espoir et détermination lorsque nous n’obtenons pas les résultats attendus.

Avez-vous le sentiment que votre projet est innovant, et pourquoi?

Le projet vise à un changement de paradigme dans la façon d’approcher la  souffrance psychique, en proposant un modèle alternatif qui permet à tout et chacun de trouver un espace unique et un rôle actif dans la communauté. 

L’aspect innovant de notre projet réside dans une méthodologie éducative très originale qui permet de découvrir l’autre à travers le touché, la musique et la danse.

Grâce à notre approche, nous faisons se rencontrer sur un terrain commun et au-delà de tous préjugés des personnes qui de par leur origine et/ou rôle social et leur position hiérarchique, sont souvent divisées par un mur de préjugés et peurs. Ces rencontres improbables donnent naissance à des changements de perspective très significatifs sur soi et sur les autres dans une atmosphère joyeuse et ludique.

Quel est le soutien dont vous auriez besoin pour pérenniser votre projet?

Nos besoins sont essentiellement au niveau des ressources humaines. Nos activités sont portées par des personnes extrêmement motivées, engagées et dédiées. Pour assurer le développement futur de notre organisation, nous aurons besoin de moyens financiers plus importants afin de pérenniser et de valoriser l’engagement de ces personnes ainsi que pour en recruter de nouvelles.

Avec une baguette magique, que changeriez-vous?

Je ferai en sorte de réveiller en chacun l’envie de construire une société où chacun est respecté, valorisé et apprécié dans son originalité et différence, une société où chacun contribue activement et avec joie à son propre bonheur et au bonheur des autres.

En quoi l’innovation sociale doit-elle être soutenue différemment de l’innovation ? 

Innovation et entrepreneuriat classique vont souvent de main en main. Par contre, dans le domaine du social, l’innovation se heurte trop souvent à un mur, par manque de reconnaissance et de valorisation.

Pourtant, l’entrepreneuriat social est un moyen très efficace pour mettre en lumière le rôle central de l’innovation pour la résolution des problématiques sociales.

Si vous êtes porteurs d’un projet dans le domaine du social, vous pouvez consulter le site du concours et venir mardi en apprendre plus sur les possibilités de soutien.

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