Aurore Bui

FONDATRICE DE SOFTWEB

Aurore Bui est la créatrice et la directrice de Softweb, une entreprise sociale dont le but est de favoriser la réalisation de projets sociaux, et qui conseille les ONGs et entreprises sur l'évaluation de leur stratégie et la mise en place de nouveaux programmes. Elle est formatrice et intervient dans des conférences sur le thème de l'innovation sociale, la responsabilité sociale des entreprises et l'autonomisation économique des femmes. Aurore a 15 années d’expérience dans le conseil stratégique, la gestion de projets informatiques et le management des organisations à but non lucratif. Elle possède un diplôme d’ingénieurs d’une grande école française, un master du Kings’ College London et un MBA en gestion des Organisations Internationales (IOMBA) de l’Université de Genève. Elle est membre du comité suisse de l'ONU Femmes.

L’innovation sociale et culturelle au service du vivre ensemble

Mieux vivre ensemble, c’est l’un des objectifs du développement durable, et une manière d’améliorer la qualité de vie. De nombreuses entités publiques s’investissent dans ce domaine, qui sont au cœur de leurs priorités, mais des entrepreneurs sociaux s’intéressent également naturellement à ces thèmes, qui permettent une amélioration directe de la qualité de vie et s’inscrivent dans la logique de l’économie de l’expérience.

Mieux vivre ensemble, c’est l’un des objectifs du développement durable, et une manière d’améliorer la qualité de vie. De nombreuses entités publiques (1) (2) s’investissent dans ce domaine, qui sont au cœur de leurs priorités, mais des entrepreneurs sociaux s’intéressent également naturellement à ces thèmes, qui permettent une amélioration directe de la qualité de vie et s’inscrivent dans la logique de l’économie de l’expérience. Nous avons donné la parole pour un regard croisé à deux porteurs de projet : Dan Acher, responsable de Tako et 42(prod) et aux créateurs du projet Genève Parle !

Dan Acher est un entrepreneur social multi-casquettes qui crée des évènements culturels innovants. Après les fameuses projections en plein air de Ciné Transat et les 33 pianos en ville de Genève, il a lancé en 2013 les boîtes d’échange entre voisins qui créent de nouveaux modes de partage communautaire.

Arben Kqiku, Massaki Chraiti, Eric Asmar et Fabien Jaccard sont des jeunes de 18 à 32 ans, universitaires et travailleurs, de tous domaines, sensibilités politiques et religieuses et de nationalités diverses qui sont rencontrés pendant Imp!act, un évènement de l’entreprise sociale Euforia soutenant les jeunes Suisses et Européens à agir localement sur les défis globaux. Ils ont conçus le temps d’un week-end le projet Genève-Parle ! qui adresse lui aussi le problème du vivre ensemble.

Dan Acher sera notamment présent à l’Unimail le 20 Novembre à 12:15 dans le cadre de la semaine de l’entrepreneuriat à Genève, et échangera avec les jeunes et entrepreneurs à travers des témoignages et un atelier pratique.

Dan, vous êtes un entrepreneur social engagé dans le domaine de la culture et du vivre ensemble. Pourquoi ces sujets sont importants pour vous ?

A travers les projets que je réalise, je crée du bonheur. Je suis un rêveur, une machine à idées mais, aussi, un entrepreneur : je concrétise mes projets.

Je crée des événements et des installations qui sont autant d’opportunités de vivre de l’extraordinaire. L'extraordinaire est toujours présent, à tout moment, tout autour de nous, c'est juste à nous de le faire jaillir, de le faire ressortir et exploser au grand jour. Tous mes projets sont un moyen pour faire vivre une expérience, des rencontres, des échanges, marquer l’imaginaire et faire sortir un sourire ravageur et communicatif.

Je cherche à créer une ville où le quotidien est plus qu’une somme de routines. Où l’on ose aller vers l’autre, où la population s’implique pour créer une nouvelle cohésion sociale et reconnaît la richesse du moment présent. 

Dan, pourquoi est-ce que des actions sont requises pour améliorer le « vivre ensemble » ? Pourquoi est-ce important pour les autorités publiques ? 

Dans l’espace public se développe ce qu’on appelle « l’inattention civile » (civil inattention), cristallisée dans des formes minimales de sociabilité, telles que la courtoisie visuelle : nous nous contentons de ratifier autrui du regard, sans pousser plus loin l’interaction. Cela a été décrit par des spécialistes de l’écologie urbaine comme « l’Ecole de Chicago » et le philosophe Georg Simmel, lequel s’est beaucoup intéressé à ce qu’il appelait la “mentalité” de la grande ville, le « mode de vie urbain ».

Outre cette problématique, qui adresse le lien social et ses nouvelles formes en situation d’urbanité, émergent de nombreux challenges économiques et environnementaux, auxquels les pouvoirs publics et les acteurs de la société civile se doivent de répondre pour garantir la durabilité du « vivre ensemble » sur des territoires densément peuplés.

La culture peut offrir de nouvelles approches par rapport aux problèmes de société, face auxquels les mesures traditionnelles se sont souvent révélées inadaptées ou inefficaces. La culture peut ainsi exercer une influence favorable dans des domaines tels que la rénovation urbaine, la cohésion sociale, la prévention pénale, la santé ou la lutte contre la pollution. La créativité basée sur la culture joue un rôle essentiel pour générer de l’innovation sociale.

Arben, Massaki, Eric et Fabien, pourquoi est-ce que le vivre ensemble est un sujet qui vous intéresse? En quoi est-ce que cela vous concerne en tant que jeunes?

Vivre en société c’est apprendre à connaître et respecter l’autre. Nous considérons que chaque rencontre peut nous apporter quelque chose de bénéfique : une expérience, des idées nouvelles, différents points de vue, un sourire ou un bon souvenir. Or, il n’est pas facile à Genève de communiquer avec des inconnus.

C’est une problématique qui touche quotidiennement l’ensemble de la population, et les jeunes ne sont donc pas les seuls concernés. Nous, les jeunes, devons utiliser notre énergie et notre dynamique pour agir!

Pouvez-vous nous décrire le projet que vous êtes en train de lancer et pourquoi vous pensez qu'il répond à une réelle problématique?

Nous voulons promouvoir la découverte et l’intérêt pour autrui dans les espaces publiques, grâce à des petits gestes simples. Nous mettons à disposition différents outils qui permettent aux personnes de briser la glace et de créer un environnement qui facilite l’interaction:

  • entrer nous même en contact (avec des affichettes, en donnant des petits mots dans la rue, et de prendre l’habitude de parler avec les gens au quotidien)
  • encourager les gens à faire de même (en les munissant de “cartes de jeux” avec des défis comme poser une question, faire un compliment à son voisin)
  • casser la routine avec des actions ponctuelles que nous organiserions (manifestations publiques, flashmobs, etc.)

Nous avons testé ces outils dans le centre de Genève pendant les heures de pointe, avec un sondage, et les réactions étaient impressionnantes. Nous avons trouvé que la plupart des gens aimeraient pouvoir communiquer davantage dans les lieux publics, mais ont peur ou ne savent pas comment briser la glace.

Si vous aviez une baguette magique, que voudriez-vous voir changer ?

Genève est souvent qualifiée comme «froide». Cependant, elle jouit d’une grande diversité et possède donc un énorme potentiel inexploité en matière d’ouverture, d’échange et de convivialité. Nous voulons exploiter ce potentiel. Avec une baguette magique, nous réchaufferions Genève mais pas dans le sens de changement climatique bien sûr.

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