Aurore Bui

FONDATRICE DE SOFTWEB

Aurore Bui est consultante en innovation sociale et fondatrice de Softweb, qui accompagne les entrepreneurs à impact et conseille les entreprises et institutions pour innover durablement. Elle est conférencière et formatrice sur l'innovation sociale, la diveresité, les nouveaux modèles de gouvernance et l'impact social. Aurore a 20 années d’expérience dans le conseil stratégique, la gestion de projets et le management des organisations à impact. Maman de deux enfants, passionnée de voyage et de méditation, elle essaie au jour le jour d'agir en cohérence avec ses valeurs et d'incarner le changement qu'elle souhaite voir pour remettre l'humain au coeur de la transition économique.

Investir pour une cause, est-ce possible ?

Le but ultime de tout investisseur est de gagner de l’argent ou en tous cas de ne pas en perdre. C’est son but, mais est-ce sa motivation profonde ? Et si un investisseur pouvait à la fois attendre un retour financier et social/personnel de ses investissements ?

Le but ultime de tout investisseur est de gagner de l’argent ou en tous cas de ne pas en perdre. C’est son but, mais est-ce sa motivation profonde ? Et si un investisseur pouvait à la fois attendre un retour financier et social/personnel de ses investissements ?

Pourquoi l’investissement est important pour des causes sociales

Les porteurs de projets sociaux commencent à faire de plus en plus appel à des investisseurs (en opposition à des donateurs) pour monter et accélérer leurs projets. A une époque où les subventions se raréfient et où les critères de sélection nécessitent une vraie professionnalisation du secteur de l’entrepreneuriat social, l’appel aux investisseurs, au crédit, fait sens pour des entrepreneurs qui souhaitent développer de nouvelles activités commerciales, leur permet de monter leur taux d’autofinancement et de s’autonomiser financièrement.

Impact investing, quoi qu’est-ce ?

Du côté de l’investisseur, cette nouvelle situation leur donne une motivation additionnelle pour investir et s’investir, puisqu’il devient possible de gagner de l’argent (de recevoir des intérêts sur les sommes investies) tout en « faisant du bien » à sa communauté, sur les thèmes qui leur tiennent à cœur.

L’Impact Investing, qui a de nombreux représentants à Genève[1], représente cette nouvelle tendance. Les investisseurs d’impact cherchent en effet à concilier un retour sur capital avec de l’impact social, en finançant des entreprises ou organisations sociales et en plaçant une partie de leur argent dans des fonds soutenant ces mêmes causes. Le Retour sur Investissement (ROI) s’étend alors à une nouvelle notion, le SROI (Social Return on Investment), qui définit des indicateurs chiffrés mesurant l’impact du projet social.

De plus, les retour positifs sur ces investissements sociaux ont l’avantage d’être à l’anti-phase des retours sur des entreprises classiques : dans des périodes de crise où le private equity devient un investissement plus risqué, les entreprises sociales doivent quant à elles faire face à une demande accrue de leurs bénéficiaires, qui sont ces mêmes personnes qui font face à la crise (chômeurs, personnes fragilisées, etc.) et une synergie avec des investisseurs peut leur permettre de répondre de manière adaptée à ces besoins.

Investir dans les personnes ou dans les projets ?

Lors d’un événement où chaque participant-e devait décrire un vœu – le plus fou possible – sur la manière dont il souhaite voir évoluer le secteur de l’innovation sociale.  Parmi les contributions, une m’a interrogé : « Investissons dans les personnes plutôt que dans des projets ». Si ce but est effectivement utopiste dans le domaine de l’entrepreneuriat (donnerait-on à un entrepreneur sans avoir vu son business plan ?), il s’avère avoir du sens dans le domaine de l’entrepreneuriat social. En effet, il est rare de trouver dans la même personne : une connaissance pointue de problématiques sociales ; l’expérience et les compétences nécessaires pour créer une entreprise et la développer de manière satisfaisante. Un projet pour le futur qui dépasse la notion d’investissement social direct serait donc de trouver des mécanismes de financement novateurs qui permettent à des personnes avec les bonnes intuitions de pouvoir s’entourer de spécialistes et permettre ainsi la réalisation de projets d’innovation sociale, au bénéfice de la communauté.

Envie d’en savoir plus ?

Un atelier sur le thème « Effective Impact Investing for Social Good » aura lieu le 23 octobre é 9h30 dans le cadre du forum SIGEF (https://www.sigef2014.com) – Centre International de Conférence de Genève (CICG), entrée libre.

 



[1] Quadia, Impact Finance et d’autres sont des leaders suisses sur ce sujet, actifs dans différentes zones géographiques

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