Aurore Bui

FONDATRICE DE SOFTWEB

Aurore Bui est la créatrice et la directrice de Softweb, une entreprise sociale dont le but est de favoriser la réalisation de projets sociaux, et qui conseille les ONGs et entreprises sur l'évaluation de leur stratégie et la mise en place de nouveaux programmes. Elle est formatrice et intervient dans des conférences sur le thème de l'innovation sociale, la responsabilité sociale des entreprises et l'autonomisation économique des femmes. Aurore a 15 années d’expérience dans le conseil stratégique, la gestion de projets informatiques et le management des organisations à but non lucratif. Elle possède un diplôme d’ingénieurs d’une grande école française, un master du Kings’ College London et un MBA en gestion des Organisations Internationales (IOMBA) de l’Université de Genève. Elle est membre du comité suisse de l'ONU Femmes.

Introduction à l'innovation sociale

Qu’est-ce que l'innovation, et plus encore qu’est-ce que l’innovation sociale ?

Si l’on en croit wikipédia (source collective d’information représentative d’un certain consensus), l'innovation est le résultat de l’action d’innover : c'est un changement dans le processus de pensée visant à exécuter une action nouvelle. Dans le domaine de l’entreprise, et selon les économistes classiques, l’innovation est réputée être l’un des moyens d’acquérir un avantage compétitif en répondant aux besoins du marché et à la stratégie d’entreprise. C'est par exemple être plus efficient, et/ou créer de nouveaux produits (biens ou services, matériels ou immatériels), ou de nouveaux moyens d'y accéder.[1]

Qu’est-ce que l'innovation, et plus encore qu’est-ce que l’innovation sociale ?

Si l’on en croit wikipédia (source collective d’information représentative d’un certain consensus), l'innovation est le résultat de l’action d’innover : c'est un changement dans le processus de pensée visant à exécuter une action nouvelle. Dans le domaine de l’entreprise, et selon les économistes classiques, l’innovation est réputée être l’un des moyens d’acquérir un avantage compétitif en répondant aux besoins du marché et à la stratégie d’entreprise. C'est par exemple être plus efficient, et/ou créer de nouveaux produits (biens ou services, matériels ou immatériels), ou de nouveaux moyens d'y accéder.[1]

Quand on parle d’innovation, on entend souvent innovation technologique, l’usage de nouvelles technologies pour améliorer des modèles d’affaire et créer de nouvelles entreprises. Ces innovations, créatrices de valeurs, sont très prisées par les incubateurs et autres organismes de soutien à l’entrepreneuriat. Pourtant, d’autres formes d’innovations (sociales, organisationnelles, etc.) permettent de créer de la valeur : plutôt que de se focaliser sur le moyen (la technique) ou le résultat financier, ces innovations se focalisent sur le résultat final « l’impact sociétal » ou proposent de nouveaux processus ou nouvelles démarches.

Dans le domaine social, l’innovation sociale couvre toutes les innovations qui permettent de répondre de manière plus adaptée aux besoins sociaux de toute nature : réduction de la pauvreté, santé, développement des communautés, conditions de travail, formation, etc.

Plus difficile à valoriser que l’innovation technologique car plus difficilement quantifiable, s’engager dans une démarche d’innovation sociale implique : d’identifier les problématiques sociales que l’on veut résoudre ; de trouver les méthodes et outils qui permettent de créer une innovation ; de connaître ses objectifs et d’évaluer ses résultats au regard des objectifs fixés, parfois sur le moyen terme.

Mieux comprise et plus développée dans les pays anglosaxons, l’innovation sociale est initiée par des acteurs sociaux. Dans le domaine de la création d’entreprises, elle s’appelle entrepreneuriat social, mais elle est présente à d’autres échelons de la société : au sein des entreprises dites classiques, qui peuvent implémenter des solutions nouvelles de manière à optimiser leurs activités ou rechercher de meilleures solutions, dans la création de nouveaux partenariats entre les entités publiques et privées, etc.

Un exemple souvent cité est celui de la banque Grameen (littéralement « Banque des Villages » créée par Mohammed Yunus, et qui a développé le micro-crédit permettant : de donner des ressources à des personnes pour sortir de la pauvreté ; de créer 1'400 succursales ; en d’autres termes, de créer des entreprises pérennes, tournées vers des objectifs sociaux.

Mais alors, pourquoi l’innovation sociale est-elle importante ?

Parce qu’elle redéfinit les frontières de l’innovation et en donne une définition plus large, moins segmentée, ouvrant la porte à la création de nouvelles solutions. Parce qu’elle se focalise sur le résultat effectif des innovations, pas seulement en termes financiers, mais également de manière plus générale sur l’impact global au niveau humain, au niveau de la communauté, etc.

En Suisse Romande, l’innovation sociale peut s’avérer être une véritable force pour trouver de nouvelles solutions pour améliorer la qualité des interactions, des produits développés, et créer de nouvelles synergies. Genève en particulier fonctionne comme un fragile écosystème abritant de nombreuses espèces qui cohabitent sans toutefois forcément interagir les unes avec les autres (diplomates, économistes, cadres, ouvriers du bâtiments, frontaliers, habitants de la vieille ville, humanitaires, etc.) : au regard de sa taille et de son action, elle possède un potentiel d’innovation phénoménal dû à son rôle mixte.

 

L'homme raisonnable s'adapte au monde ; l'homme déraisonnable s'obstine à essayer d'adapter le monde à lui-même. Tout progrès dépend donc de l'homme déraisonnable.

George Bernard Shaw

 

Ainsi serais-je donc un peu déraisonnable dans les prochains mois, car je vous parlerai d’innovations sociales, en Suisse ou ailleurs, de ces initiatives qui ne retiennent pas toujours l’attention des incubateurs ou investisseurs, mais peuvent représenter une avancée vers de nouvelles méthodes de travail. En espérant qu’elle soient une source d’inspiration et de création.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."