Aurore Bui

FONDATRICE DE SOFTWEB

Aurore Bui est consultante en innovation sociale et fondatrice de Softweb, qui accompagne les entrepreneurs à impact et conseille les entreprises et institutions pour innover durablement. Elle est conférencière et formatrice sur l'innovation sociale, la diveresité, les nouveaux modèles de gouvernance et l'impact social. Aurore a 20 années d’expérience dans le conseil stratégique, la gestion de projets et le management des organisations à impact. Maman de deux enfants, passionnée de voyage et de méditation, elle essaie au jour le jour d'agir en cohérence avec ses valeurs et d'incarner le changement qu'elle souhaite voir pour remettre l'humain au coeur de la transition économique.

Financement des entreprises sociales: le crowdfunding est-il une solution ?

Du fait de leur structure hybride entre le social et le commercial, les entreprises sociales se trouvent aussi à la croisée des chemins en termes de financement.

Les entreprises sociales, souvent constituées en association, ont théoriquement accès aux subventions. Cependant, les bailleurs regardent de manière très diverse le fait que les associations s’auto-financent en partie: certains voient cela comme un signe d’innovation et un souhait de rendre la structure autonome, tandis que d’autres bailleurs voient cette mixité comme une perversion du projet social fondamental.

De l’autre côté de la barrière, ce n’est que récemment que les associations ont de leur côté eu accès au micro-crédit (par ex. via la Fondetec qui agit en ville de Genève), car jusqu’à présent la structure associative, notamment du fait que les membres ne sont pas garants des dettes de l’association, n’incitait pas les prêteurs à s’engager pour ces projets.

Les associations cherchent alors d’autres sources de financement et s’intéressent notamment aux plateformes de crowdfunding, ou financement participatif, qui  se développent et offrent de nouvelles possibilités: dons de particuliers en ligne ou encore equity crowdfunding, ces possibilités mettent en relation un individu avec un projet.

Les limites de ce système pour les entreprises sociales?

L’une d’entre elles est le fait qu’un particulier, et notamment un particulier non sensibilisé à la cause sociale, va avant tout réagir à des messages « marketing » et va focaliser par défaut sur des projets porteurs d’un message sensibilisant: il sera ainsi plus facile de financer un projet aidant des enfants défavorisés ou malades qu’un projet plus « technique » au niveau environnemental, ayant peut-être au final un impact plus grand (i.e. sauvant potentiellement plus d’enfants à moyen terme !!).

L’association ou entreprise sociale ne pourra également que difficilement financer ses frais de fonctionnement et ses années de démarrage, comme le font plus facilement des entreprises classiques: si elle se tourne vers de l’equity crowdfunding par exemple, les entreprises sociales ne pourront que rarement proposer une rentabilité suffisante, en raison de la nature des projets, mais également que les statuts juridiques en vigueur en Suisse limitent les possibilités de modèles réellement hybrides (voir par exemple le modèle L3C à l’étranger).

Envie de tester ces concepts de finance participative et peut-être donner pour un projet social ? Découvrez des sites suisses ou internationaux: Global Giving, Fengarion, Kiva, MyMajor Company, 100-days.net, etc. et si vous le souhaitez: revenez ici mettre en commentaire vos impressions!

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