Aurore Bui

FONDATRICE DE SOFTWEB

Aurore Bui est la créatrice et la directrice de Softweb, une entreprise sociale dont le but est de favoriser la réalisation de projets sociaux, et qui conseille les ONGs et entreprises sur l'évaluation de leur stratégie et la mise en place de nouveaux programmes. Elle est formatrice et intervient dans des conférences sur le thème de l'innovation sociale, la responsabilité sociale des entreprises et l'autonomisation économique des femmes. Aurore a 15 années d’expérience dans le conseil stratégique, la gestion de projets informatiques et le management des organisations à but non lucratif. Elle possède un diplôme d’ingénieurs d’une grande école française, un master du Kings’ College London et un MBA en gestion des Organisations Internationales (IOMBA) de l’Université de Genève. Elle est membre du comité suisse de l'ONU Femmes.

365 jours pour changer le monde : une carrière avec du sens

"Choisis un job que tu aimes & tu n'auras pas à travailler un seul jour de ta vie" Confucius

Suite de notre série 365 jours pour changer le monde, ou comment vous donnez des idées pour agir localement ou globalement pour créer un monde à votre image 

Une manière de changer le monde est d’exercer une activité professionnelle positive pour la communauté. Puisqu’on passe généralement 8 heures par jour dans une activité professionnelle, peut-on imaginer des activités qui « ont du sens » pour nous et impactent le monde positivement ? Et comment trouver ces activités : sont-elles visibles dans les offres d’emploi ou faut-il les inventer ?

Pour commencer à répondre à ces questions, je vais vous faire part en toute honnêteté de ma propre expérience. En 2008, j’ai souhaité réorienter ma carrière professionnelle. J’aimais mon job de manager IT ou en tous cas certains de ses aspects (créer et former une équipe de jeunes talents, écouter les besoins des utilisateurs, rechercher des solutions techniques) mais me posais la fameuse question : « Finalement, çà sert à quoi ? Quel est le sens de mon job ? Si je le fais mieux, qui y gagne, une poignée de personnes ou la société de manière plus globale ? » J’ai donc commencé mon parcours, celui qui m’amènerait – j’en étais sûre sans pour autant savoir de quoi le parcours serait fait – à avoir un job « avec du sens ».

J’ai repris mes études et fait un MBA en Gestion des Organisations à but social (IOMBA de l’Université de Genève) où j’ai eu un premier déclic avec des cours sur l’entrepreneuriat social et la rencontre avec des personnes qui agissent sur le terrain. J’ai voyagé aussi – voir d’autres communautés vivre est un enseignement qui nous ouvre des clefs personnels. J’ai fait des enfants également : une autre manière de découvrir ses limites, de manière expérientielle. Je me suis engagé en politique, ai battu le pavé pour des causes qui me paraissent justes. Et le projet s’est construit petit à petit, avec ses erreurs, souvent, ses larmes, parfois, et ses moments de jubilation, de plus en plus nombreux désormais. Avec notamment la création d’un incubateur de projets solidaires[1] en 2009, la création d’un espace de coworking kids-friendly en 2015[2] et quelques autres projets depuis. Finalement, ce job dont je rêvais, dans mon cas, je l’ai créé.

Aujourd’hui, j’accompagne des personnes qui souhaitent créer des activités d’entrepreneuriat social (entrepreneuriat avec un impact sociétal positif), mais reçois également nombre de personnes qui ont un job (pour être crue : qui les ennuie) ou ont perdu ce job et s’interrogent sur les prochaines phases : comment croire de nouveau à son job ?

Mon premier conseil : faire un bilan de valeurs. Ce qui « coince » souvent dans un job, ce ne sont pas les compétences, c’est le manque de motivation pour utiliser ces compétences. En clair, le manque de sens. Or les valeurs sont (dixit Jeanne Siaud-Facchin[3]) comme la boussole de nos vies : elles nous guident dans notre parcours

Et, parfois, la solution n’est pas de faire le grand saut en quittant un job qui nous emm… car le parcours pour reconstruire une autre carrière peut être long et nous coûter (pas seulement en termes financiers). Essayer d’innover, de créer des pistes plus durables au sein de sa société peut être une manière de commencer le parcours, en toute sécurité, avant, qui sait, de faire le pas quand nous serons prêts ?

 

 

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