Aurore Bui

FONDATRICE DE SOFTWEB

Aurore Bui est la créatrice et la directrice de Softweb, une entreprise sociale dont le but est de favoriser la réalisation de projets sociaux, et qui conseille les ONGs et entreprises sur l'évaluation de leur stratégie et la mise en place de nouveaux programmes. Elle est formatrice et intervient dans des conférences sur le thème de l'innovation sociale, la responsabilité sociale des entreprises et l'autonomisation économique des femmes. Aurore a 15 années d’expérience dans le conseil stratégique, la gestion de projets informatiques et le management des organisations à but non lucratif. Elle possède un diplôme d’ingénieurs d’une grande école française, un master du Kings’ College London et un MBA en gestion des Organisations Internationales (IOMBA) de l’Université de Genève. Elle est membre du comité suisse de l'ONU Femmes.

365 jours pour changer le monde: les enfants au coeur de la transition sociétale

Si la transition sociétale nous touche en temps qu’adultes et professionnels, d’autres personnes sont également concernés par cette transition, qui les touche de manière indirecte : il s’agit de nos enfants.

Si nous avons de la difficulté à l’heure actuelle à imaginer ce que sera notre travail sera d’ici 10 à 20 ans, alors comment imaginer le travail que feront nos enfants dans 30 ans ?

Suite de notre série 365 jours pour changer le monde, ou comment vous donnez des idées pour agir localement ou globalement pour créer un monde à votre image.

Si la transition sociétale nous touche en temps qu’adultes et professionnels, d’autres personnes sont également concernés par cette transition, qui les touche de manière indirecte : il s’agit de nos enfants.

Si nous avons de la difficulté à l’heure actuelle à imaginer ce que sera notre travail sera d’ici 10 à 20 ans, alors comment imaginer le travail que feront nos enfants dans 30 ans ?

C’est la question que se sont posée les concepteurs du projet « Drawing the Future » / « Dessiner l’avenir »[1] porté par l’organisation Education & Employers, dont le rapport a été présenté à Davos. Ils ont ainsi demandé à des 20 000 enfants des écoles primaires (7 à 11 ans) de dessiner leur futur métier idéal puis ont fait en sorte de croiser ces informations pour comprendre en fonction des pays/des milieux d’origine/du genre/etc. ce qui influence le choix de ces futurs métiers. Avec une première conclusion claire de la part des rédacteurs : « Les aspirations professionnelles des enfants ne correspondent pas aux besoins du marché ». 

A la deuxième lecture cependant, mon regret personnel a été de ne plus se connecter au potentiel de créativité de ses enfants. Plutôt que de se demander comment ces enfants peuvent « répondre aux besoins du marché », pourrait-on se demander comment utiliser la « créativité » et la « capacité artistique incroyable » qui se reflète également à travers le rapport ? 

En Suisse, des organisations cherchent ainsi à donner l’opportunité aux enfants d’être les créateurs de leur futur. On peut citer les programmes d’entrepreneuriat Graines d’Entrepreneurs[2], D-Academy[3], le programme We Start[4] qui travaille (également avec de jeunes migrants[5]) ou encore Flow in Action[6] et Soft-Kids[7] qui s’adressent aux plus jeunes.

Le point commun de ces projets (avec chacun leur spécificité) : comprendre les besoins des enfants et les aider à travers un processus (par exemple) de design thinking à imaginer un monde qui leur ressemble.

Chez Flow in Action par exemple, les enfants travaillent sur un des objectifs du développement durable[8] reconnus par les Nations Unies comme étant les « défis sociétaux «  à adresser d’ici à 2030, les incite à s’interroger sur la manière dont ces défis résonnent dans leur quotidien et les fait travailler à la création de projets pour réinventer le transport, protéger les océans, s’investir dans la mode durable, transformer les déchets en énergie, etc. 

Une manière de faire appel à leur créativité mais aussi de les confronter à des univers professionnels qu’ils ne connaissent pas. Car comme le mentionne Andreas Schleicher, directeur du pôle éducation & compétences à l’OCDE, « les enfants, quelque soit leur milieu social ou le travail de leur parent devraient avoir la même chance de rencontrer des personnes qui exercent un large éventail d’emplois ». 

Alors en résumé, comment changer le monde aujourd’hui ? En imaginant – avec eux – le monde que nous livrons à nos enfants. Car pour paraphraser Saint Exupéry : le monde nous a été prêté par nos enfants ». A nous alors de leur donner les moyens de le faire évoluer ?

 

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