<p>Rédacteur en chef du Temps, (ex-rédacteur en chef de Bilan)</p>

Depuis le 1er janvier 2015, Stéphane Benoit-Godet dirige la rédaction du quotidien Le Temps. Il était le rédacteur en chef de Bilan de 2006 à 2015. Auparavant, il a travaillé pour les quotidiens La Tribune de Genève et Le Temps 1998-2003), journal dont il a dirigé la rubrique économique (fin 2000 à mi-2003). Juriste de formation, Stéphane a fait ses études en France à l'Université d'Aix-Marseille III. 

 

 

Attention à la smartwatch

Les montres intelligentes vont se multiplier ces prochains mois. Après la Pebble, créée par des indépendants et financée par le crowdfunding, Samsung a annoncé la sienne et d’autres vont suivre, à l’instar de celle très attendue d’Apple. Qui a peur de la haute technologie portée au poignet ? Les horlogers suisses semblent globalement zen par rapport à l’arrivée de ces concurrents d’un nouveau genre. Ils ne devraient pas l’être.

Les wearable technologies, ces innovations qui désormais se portent sur nous, vont bouleverser les habitudes et notre relation aux objets du quotidien. Ainsi que nos habitudes. L’exemple le plus frappant ne vient finalement pas des lunettes dont personne ne s’inquiète de l’avenir malgré l’arrivée très attendue en 2014 des Google Glass.

C’est un autre art mécanique, l’automobile, qui ne séduit plus les jeunes consommateurs. Ceux-ci ont du mal à comprendre pourquoi ils devraient acheter chèrement une technologie du siècle passé alors qu’ils peuvent partager une voiture en passant par une app, une expérience plaisante et dans l’air du temps. De plus, la population des ultraconnectés supporte de moins en moins de ne pas avoir accès aux réseaux sociaux ou à ses sources d’informations préférées, une fois embarqués dans une voiture.

Tout comme il n’y a que les 40 ans et plus qui trouvent agréable de ne pas avoir accès au wi-fi à bord d’un avion. Les autres vivent cela comme l’expérience désagréable du vide.

Le salon de l’automobile de Francfort a vu des constructeurs pointus proposer des innovations de plus en plus poussées dans l’habitacle de leurs voitures pour que la communication ne s’arrête pas une fois la porte du véhicule fermée. Personne ne leur demandait cela a priori: une voiture doit d’abord transporter des passagers, non? Tout comme une montre devrait se contenter de donner l’heure, n’est-ce pas?  

Les fabricants de montres mécaniques dont le cœur dépend largement d’une technologie d’avant le XXIe siècle ne devraient pas snober l’arrivée de nouveaux concurrents pour s’emparer des poignets du monde entier.

La place sur le corps de chacun d’entre nous est désormais de plus en plus chère. Pour s’imposer sur un poignet ou ailleurs, il faudra vraiment justifier d’apporter quelque chose de fort: soit d’utile, soit d’agréable, soit un signe de reconnaissance. La smartwatch cumule ces trois critères, pas sûr que ce soit le cas des montres mécaniques d’entrée de gamme.

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