Jacques Lemoisson Lastone

HEAD GLOBAL MACRO & ALTERNATIVE INVESTMENT CHEZ CBH BANK

Jacques Lemoisson a pris ses fonctions au sein de la Compagnie Bancaire Helvétique depuis septembre 2018. Il a acquis une expérience internationale sur les marchés des actions auprès de la banque d’investissement JP Morgan à Londres et Paris, puis une expertise dans la banque privée et la gestion d’actifs chez Lombard Odier, puis chez Banque Cramer au poste de CIO à Genève. Tout au long de sa carrière, Jacques Lemoisson a développé une expertise en géopolitique, ainsi que dans les Fintech et le Blockchain. Ce banquier est diplômé de l’ESTACA (Ecole d’Ingénieur Aéronautique).

Athènes, le Waterloo 2.0?

L’histoire est parfois espiègle. Ce 18 juin est l’anniversaire des 200 ans de la bataille de Waterloo; et ce jour-là, l’Eurogroup se réunit pour statuer sur le cas de la Grèce. Il y a deux siècles, les armées des grands pays européens se sont unies contre l’armée napoléonienne; et aujourd’hui, l’Europe semble unie contre la Grèce. Même le peuple allemand lâche sa chancelière en étant favorable à 58% pour un Grexit.

Etrange rappel de l’histoire car cette bataille a été, après le Congrès de Vienne quelques jours plutôt, l’un des actes fondateurs de la future Europe. Cet épisode de l’histoire a marqué le début du déclin de la France au crépuscule du siècle des Lumières, laissant la place de leader mondial à l’Angleterre. Cette dernière entrant quelques années plus tard dans l’ère industrielle alors que la France, exsangue et privée de main-d’œuvre, en raison des millions de morts des campagnes napoléoniennes, devra attendre près d’un siècle avant de prendre le virage de l’industrialisation. Ceci souligne l’importance de la démographie, paramètre important de mon processus Global Macro, comme certains ont pu le lire dans mon GTO 2015 (Global Tactical Opportunities) de décembre dernier.

Aujourd’hui, le champ de bataille est économique, et cette guerre a, depuis un siècle, de nouveaux participants, dont l'un des principaux est les Etats-Unis. Il ne semble choquer personne que le FMI se soit immiscé dans les affaires européennes. Si la Grèce est considérée par MSCI comme un pays émergent, ce n’est pas « encore le cas » de l’Europe… En effet, la Grèce doit de l’argent au FMI, mais là encore c’est la résultante d’une erreur géostratégique européenne. En laissant le FMI prêter l’argent, les Européens ont permis à une organisation internationale imperméable à d’autres forces de jouer un rôle dans une crise interne.

Nous vous rappelons que tant que le TTIP (accord de libre-échange US-UE) ne sera pas signé, l’Europe n’aura pas son destin en main. Car si la Grèce est un problème, l’Ukraine en est un autre, et là encore, via l’OTAN, les Etats-Unis vont pouvoir exprimer leur puissance.

Les chiffres sont là, les Etats-Unis sont les vainqueurs de la guerre économique dont les valeurs technologiques symbolisent notre siècle. Alors que l’Angleterre, après Waterloo, détrôna la France de son rôle de leader mondial, 34 ans avant, la bataille de Yorktown posa la première pierre d’un futur passage de témoin entre l’Angleterre et les Etats-Unis. D’ailleurs, ce fut la première Guerre mondiale qui marqua le changement de leadership mondial et l’avènement des Etats-Unis en qualité de première puissance.

Quid du futur ? La Chine va-t-elle détrôner les Etats-Unis ? Economiquement s’en doute, mais géostratégiquement, c’est une autre question.

 

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