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FONDATEUR DES EDITIONS ALPAGA

Editeur, journaliste indépendant et spécialiste en communication, Sébastien Ladermann est passionné de gastronomie et de voitures anciennes notamment. Deux thèmes qui l’inspirent au quotidien dans ses diverses activités, au point de nourrir une intense réflexion sur l’art de (bien) vivre et d'avoir consacré aux plus prestigieux chefs de cuisine lémaniques un ouvrage novateur (Portraits (intimistes) de chefs, paru aux Editions Alpaga) préfacé par F. Girardet, Ph. Rochat et G. Rabaey.

Aston Martin DB5 Vantage - Le transport du corps et de l’esprit

Certaines voitures permettent de relier aisément A à B, où que vous placiez ces lettres sur une carte. D’autres font voyager, rendant accessibles les rivages enchantés d’une époque révolue. Elles transportent le corps et l’esprit, avec délice. La DB5, incontestablement, appartient à cette dernière catégorie.

Le dessin de sa ligne, initié en interne chez Aston Martin, a finalement été confié à la célèbre Carrozzeria Touring. Cela a permis à la marque anglaise de bénéficier - outre du magnifique coup de crayon des designers italiens - d’un savoir-faire de construction unique, le procédé Superleggera: une charpente tubulaire supporte la carrosserie réalisée en aluminium, alliant ainsi rigidité et légèreté.

Le modèle essayé, un millésime 1964, fait partie des rares - 65 exemplaires dit-on, sur les 886 DB5 construites - versions Vantage. En clair, la crème de la crème (comme la teinte de sa robe), forte d’une mécanique optimisée grâce notamment à l’adoption de trois carburateurs double-corps Weber. Le moteur, développant la bagatelle de 314 ch SAE, s’avère parfaitement secondé par une excellente boîte ZF cinq vitesses. Voilà une brillante Grand Tourisme qui n’usurpe pas son appellation, délivrant des performances de haut niveau dans un confort préservé.

A son bord, la vie est légère (contrairement à sa direction un peu pesante à l’arrêt et au freinage - malgré quatre disques - incitant à l’anticipation): cuir d’époque magnifiquement patiné (la marque bénéficiait d’une qualité comparable à celle utilisée par Rolls Royce, c’est dire...), batterie de compteurs Smiths, volant cerclé de bois riveté, un délice anglais à consommer sans modération, mais avec tout le respect dû à son âge. Pensez donc, l’honorable lady soufflera - sans s'époumoner! - l’année prochaine sa... cinquantième bougie!

Aucune ombre au tableau? Ce serait passer sous silence quelques «détails» bassement économiques: une cote devenue stratosphérique (n’évoquons tout simplement pas le sujet en détail), des coûts de restauration (pour les exemplaires qui le nécessitent) du même acabit, et un entretien somptuaire (comparable à l’époque à celui d’une Rolls, ce qui n’a pas changé).

Il n’en demeure pas moins que pour ses heureux propriétaires, la DB5 représente un placement sans (grand) risque (la cote monte sans discontinuer depuis des années, et ne semble pas prête de s’inverser). Sans compter le plaisir rare d’une auto à la classe inégalable, distillant ses charmes avec la générosité d’un autre temps.

Voiture mise gracieusement à disposition par www.astonriviera.ch

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