Gaconbertrand

PRÉSIDENT SUSTAINABLE FINANCE GENEVA

Bertrand Gacon démarre sa carrière en 1997 à Singapour, dans la banque d'investissement de BNP Paribas où il occupe différentes responsabilités dans le domaine du marketing. En 2001, il rejoint le métier "wealth management" de la banque et s'établit d'abord à Paris, puis à Genève dès 2003. En 2006, Bertrand créé l'offre Investissement Responsable et Philanthropie de la banque française. Assumant la direction globale de cette équipe, il développe une gamme complète de solutions ISR et Impact Investing pour les grands clients de la banque au niveau international. Il contribue également à définir et développer les services de Conseil en Philanthropie, accompagnant les clients à chaque étape de leurs parcours philanthropique.

En 2011, Bertrand rejoint la banque Lombard Odier pour mettre en place l'offre d'Impact Investing de l'établissement et renforcer son dispositif de conseil en philanthropie, avec l'objectif de positionner Lombard Odier comme un des principaux leaders du secteur au niveau international. Bertrand est le fondateur et actuel président de l'association Tizayuca, active dans le domaine de l'enfance défavorisée au Mexique. Depuis 2012, il assume également la présidence de "Sustainable Finance Geneva", une organisation à but non-lucratif qui promeut la finance responsable et durable en Suisse.

Arrêtons de croire en la Finance Durable !

Qu’on se le dise, pour beaucoup de banquiers, il semblerait que la finance durable soit une affaire de religion. La communauté financière se divise en effet assez nettement, aujourd’hui encore, entre ceux « qui y croient » (comprendre : les banquiers disposés à parler de finance durable à leurs clients) et ceux « qui n’y croient pas ».

Pour les praticiens de la finance durable, cette situation a une conséquence directe: quel que soit le camp dans lequel se trouve votre interlocuteur (de l’athée farouche au fervent pratiquant), se placer sur le terrain de la croyance vous pousse à endosser le rôle du prophète plutôt que celui du spécialiste. Je pense que beaucoup de mes collègues de la finance durable ont ainsi souvent eu le sentiment de prêcher la bonne parole (dans le désert… ?), rassemblant les banquiers égarés en suivant avec dévotion les voies (parfois) impénétrables de l’Investissement Responsable… Amen.

Pour ma part, je pense que la Finance Durable ne devrait pas être affaire de foi mais de raison. Nul besoin de convertir les investisseurs, mais simplement de les convaincre. Après tout, les arguments rationnels en faveur de la finance durable ne manquent pas :

-          un retour bienvenu (et attendu) des outils et des ressources de la finance au service de l’économie réelle, du développement humain et de la société

-          une meilleure appréhension des risques et des opportunités de nos investissements

-          une performance financière dont on peut dire qu’elle est au moins aussi bonne que celle des placements conventionnels

-          un moteur de croissance et de création d’emplois pour le secteur financier en général, et pour la gestion de fortune en particulier, qui en ont bien besoin.

En ces temps où chacun prend pour l’année nouvelle de bonnes résolutions, je formule donc le vœu qu’en 2013 la Finance Durable entre, pour toute la communauté financière, dans l’âge de (la) raison… et qu’en arrêtant d’y croire nous commencions à y souscrire !

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