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MARKETEUR À L'ÈRE DU CLIENT CONNECTÉ

Blaise Reymondin a cofondé en 2004 l'une des premières agences spécialisées dans le web marchand. Aujourd'hui conseiller indépendant en marketing digital, il aide ses clients à comprendre les enjeux de la transformation digitale et tirer profit de l'Internet. A 46 ans, Blaise a collaboré avec plusieurs centaines d'entreprises et tissé des liens avec de nombreux dirigeants.

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Apple Watch: nos horlogers pourraient profiter d’un accueil mitigé

Après l’annonce cette semaine de l’Apple Watch, mes sentiments sont mitigés. En geek assumé, je devrais logiquement m’enflammer pour l'engin le plus jamesbondesque jamais commercialisé.

Pourtant, je ne perçois aucun usage encore inédit pour mon smartphone ou aucune utilisation au poignet qui s’avérerait d'une valeur ajoutée suffisante pour justifier cette « greffe » électronique. Et nous sommes prévenus: la montre connectée sera dépendante d’un iPhone à proximité. Faudra-t-il donc embarquer deux appareils pour une séance de course à pied ?

Mais la question plus fondamentale: est-ce que je désire vraiment une connexion à fleur de peau pour recevoir de l'information en continu, presque en intraveineuse ? Au risque d'en étonner certains, et alors que je voue une fidélité sans faille à la marque à la pomme, j'ai cette fois envie de dire « stop ! » 

L'Apple Watch m’apparaît comme le pas de trop, qui viendrait empiéter sur une ultime zone de liberté: ma capacité à tirer la prise à n'importe quel moment, en posant tout bonnement tous les instruments. Et si je revendique une addiction sévère aux technologies, je veux néanmoins garder le contrôle sur des instants précieux, vierges de toute notification. Aussi rares soient-ils.

Je ne crois pas être le seul qui aurait la sensation de porter des menottes électroniques, ou l'impression que cet objet ne répond à aucun de mes besoins, ni même n'en crée de nouveaux. Assurément, les smartwaches finiront par trouver leur marché et seront abouties d’ici une poignée d’années, mais dans l'immédiat je vois surtout une fabuleuse opportunité pour nos horlogers: celle de mettre en avant des features qui apparaissent plus que jamais comme de sérieuses propositions de vente uniques (USP): autonomie, finesse des cadrans, légèreté, robustesse, raffinement, étanchéité, luxe... Des produits de tradition, souvent transgénérationnels, qui témoignent d'un lifestyle.

Il est temps d’aller évangéliser une génération aisée qui ne sait peut-être plus à quoi ressemble une montre, dans un monde où l’heure est devenue une commodité qui s'affiche sur chacun de nos multiples écrans. Et lorsque le consommateur comprendra qu’un objet d’horlogerie d'occasion perd peu de valeur, ou peut même en prendre à l'instar d'une oeuvre d’art, il abordera éventuellement différemment l'acquisition de sa quatrième version de iBidule, dont le prix aura diminué de moitié après deux ans seulement.

Notre industrie horlogère saura-t-elle surfer sur l’énorme vague soulevée par le marketing d'Apple, se différencier pour tirer profit de ce bienfaisant coup de projecteur à la hauteur des poignets ? 

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