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MARKETEUR À L'ÈRE DU CLIENT CONNECTÉ

Blaise Reymondin a cofondé en 2004 l'une des premières agences spécialisées dans le web marchand. Aujourd'hui conseiller indépendant en marketing digital, il aide ses clients à comprendre les enjeux de la transformation digitale et tirer profit de l'Internet. A 46 ans, Blaise a collaboré avec plusieurs centaines d'entreprises et tissé des liens avec de nombreux dirigeants.

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Apple Watch: le test de celui qui n’en voulait pas

Comment ai-je pu me laisser convaincre par l’Apple Watch dès sa sortie en Suisse, moi qui restais perplexe à l’annonce de cette première mouture, forcément immature ? C’est au cours d’une séance d’essayage que je devais changer d’avis. Nul besoin de chercher midi à quatorze heures, de toute évidence cette montre me plait ! Esthétiquement je veux dire, et pas n’importe laquelle mais un seul modèle:

Apple Watch Sport Blanche

L'Apple Watch Sport blanche.

En tant que consommateur, il y a trois choses pour lesquelles je n’arrive jamais à me décider: les chaussures, les lunettes… et les montres. Est-ce parce que je suis inculte en horlogerie que je trouve ces dernières souvent insignifiantes voire laides, indépendamment de leur prix et de la subtilité des mécanismes ? Bien sûr, ce sont là des goûts et des couleurs.

Cette dépense de 450 francs, je crois que j'aurais pu la faire pour un autre fabricant proposant un design équivalent. Sauf que par-delà la coquetterie, c’est quand même expérimenter la smartwatch la plus aboutie à l’heure actuelle. Celle qui, en deux mois seulement, a raflé trois-quarts du marché des montres connectées et qui se targue d’un taux de satisfaction de 97% auprès de la clientèle. En fait, aucun produit estampillé de la pomme n’a fait mieux et si vite. Peut-on parler d'un flop ?

La suite de ce billet n’a pas la vocation d’être un test complet, mais plutôt de vous livrer quelques impressions personnelles après trente jours au poignet...

Ce n’est pas l’enfer promis des notifications

Après une journée d’utilisation, ma principale crainte s’est dissipée: ma tocante hi-tech fait preuve de retenue et je n’ai pas subi une avalanche de notifications: seuls deux téléphones transmis, un SMS et une injonction à me lever de ma chaise. Pour cela, il fut nécessaire de consacrer cinq minutes à paramétrer l’envoi des messages automatiques pour chaque application; un jeu d’enfant. Dans un monde de surinformation, je n’aspire aucunement à recevoir davantage d’information, par contre je veux bien être alerté en temps réel pour ce qui compte sérieusement. La montre tient ainsi le rôle de filtre pour me préserver de l’avalanche de signaux qui parviennent jusqu’à mon smartphone. Et cela change tout.

Le mode vibreur a également été repensé pour être moins stressant, à fleur de peau. On ressent comme des petits tapotements du doigt (poke) au niveau du poignet; rien d’intrusif, ni même désagréable.

Deuxième préjugé balayé: la batterie

Les interactions avec mon Apple Watch s’avèrent de courte durée et finalement pas si fréquentes. La batterie indique généralement la moitié de la capacité encore disponible vers 23h. Bien sûr qu’une recharge par jour est au minimum nécessaire, cependant l’effort pour la déposer sur son socle d’alimentation magnétique par induction parait bien anodin, et de toute manière je ne dors jamais avec une breloque. Ce qui m'enquiquine par contre, c’est d’avoir à transporter un énième câble de chargement pour un voyage.

Qu'apporte-t-elle au quotidien ?

Au-delà des milliers d'applications déjà disponibles, de l’abondance de fonctionnalités et des multiples capteurs embarqués, la vraie nouveauté est pour moi ailleurs: je peux enfin prendre de la distance avec mon smartphone. Physiquement. Je ne sais pas pour vous, mais les sonneries m'insupportent et c'est pourquoi je laisse invariablement mon portable eu mode vibreur. Sauf que cela m’oblige à rester « scotché » à mon iPhone qui demeure plaqué dans une poche de pantalon afin de ne rien manquer d’important, notamment dans une journée de travail. Avec l’Apple Watch, c’est presque un sentiment de liberté retrouvée: mon portable peut stationner dans le sac ou une poche de veston, alors que les appels et messages dignes d’intérêt - et uniquement - sont relayés à la hauteur du poignet.

L’utilisation de l’Apple Watch qui m’a le plus bluffé ? La facilité avec laquelle je peux dicter un message à l’application Evernote, et cela sans même devoir interrompre l’écoute de musique sur mes écouteurs sans fils. L’outil se révèle magique pour ne rien perdre de l’inspiration prolifique d'une séance de jogging !

De nombreux points perfectibles

Jeter un coup d’oeil furtif sur l'heure pendant une réunion relève de la gageure, car pour sortir le cadran de son état de veille il faut marquer un mouvement assez net avec le poignet. Sur le plan de la discrétion, c'est la montre traditionnelle qui l'emporte haut la main !

Quant à sa lenteur décriée, elle ne serait que temporaire et concernerait les apps tierces. Il faut comprendre que l’Apple Watch fonctionne aujourd’hui principalement en mode client/serveur avec l'iPhone, et c'est cette dépendance qui serait à l'origine des ralentissements actuels. Un problème qui devrait être résolu dès le mois de septembre avec l’apparition des applications natives, prévues avec la révision du système interne WatchOS 2.

À noter parmi les lacunes: l’absence de la mesure du sommeil à ce stade de développement, le suivi d’activité sportive qui est inexistant - ou peu précis - en dehors de la marche et de la course à pied (quid du tracking d'une partie de tennis ou d'une séance de fitness ?)  

Mais la question qui fâche manifestement beaucoup de monde: devra-t-on envisager de changer de montre aussi souvent que de smartphone, c'est-à-dire au rythme de chaque nouvelle version qui vient avec son lot d’améliorations ? Sans crier à l'obsolescence programmée, je m'interroge: est-ce que le consommateur préférera toujours acquérir une montre à 5’000 francs tous les dix ans, ou daignera-t-il renouveler cinq fois son Apple Watch dans la même période, en faisant fi de toute considération écologique ?

Un produit évidemment puéril

Porter l'Apple Watch V1 durant un mois, c'est vivre une première longue expérience avec le corps augmenté et adopter rapidement de nouvelles habitudes qui nous font demander « mais comment faisait-on avant ? ». 

Dans l'ensemble, j’ai l’impression d’un produit extrêmement bien réfléchi mais doté des facultés d’un nouveau né. Logiquement limitée, il faut néanmoins plusieurs semaines pour en faire le tour de toutes les possibilités et se laisser parfois étonner par un areuh ou une pirouette. Je pourrais la qualifier de HP, elle semble en tout cas bien partie pour conserver son avance sur l'assemblée.

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