<p>Rédacteur en chef du Temps, (ex-rédacteur en chef de Bilan)</p>

Depuis le 1er janvier 2015, Stéphane Benoit-Godet dirige la rédaction du quotidien Le Temps. Il était le rédacteur en chef de Bilan de 2006 à 2015. Auparavant, il a travaillé pour les quotidiens La Tribune de Genève et Le Temps 1998-2003), journal dont il a dirigé la rubrique économique (fin 2000 à mi-2003). Juriste de formation, Stéphane a fait ses études en France à l'Université d'Aix-Marseille III. 

 

 

Angela Merkel a raison

Fallait-il soutenir la Grèce?

La chancelière allemande a imposé son agenda et décidé avec Nicolas Sarkozy et ses partenaires européens d’une solution hybride qui comprend un soutien des membres de l’UE pour deux tiers et un soutien du FMI pour le reste. Le but: permettre à la Grèce d’emprunter à des taux raisonnables. Pour certains commentateurs, au rang desquels Jean-Claude Trichet, le patron de la Banque centrale européenne, c’est un mauvais signal quant au futur politique de l’Europe. L’UE aurait dû soutenir toute seule le mauvais élève de la classe, celui qui laisse filer les déficits.

Angela Merkel a en quelque sorte pris acte du fait que l’Europe, c’est très joli, mais ça n’existe pas.

La preuve, un de ses membres peut faire tout et n’importe quoi et aucun corps constitué de l’organisation ne peut lui taper sur les doigts et le remettre dans le rang. Il faut à la fin qu’il se tourne vers les pays membres pour leur demander l’aumône. Au moment où la crise financière internationale de 2008 a mené à une aspiration par le haut de la gouvernance, l’Europe a failli. Les événements des dix-huit derniers mois ont permis l’avènement du G20 sur la scène internationale alors même que l’UE a une peine folle à resserrer les rangs de ses membres et à parler d’une seule voix.

Alors oui, le recours au FMI était légitime.

A crise d’Etat qui pourrait mener à une faillite ensérie d’autres pays comme le Portugal, l’Irlande, l’Espagne ou l’Italie, il faut répondre par un dispositif international à l’échelle la plus large pour éviter un calamiteux effet domino. Qui peut aujourd’hui se plaindre que la réalité du pouvoir des pays se fasse jour? Les Allemands pèsent plus lourd que n’importe quel autre Etat en Europe et les Etats-Unis restent le membre le plus influent du FMI, ce sont donc bien ces deux-là qui ont géré en quelque sorte la crise grecque en direct.

Et la Chine, le Brésil et l’Inde dans tout cela? Ils doivent sûrement regarder d’un air amusé les atermoiements du Vieux-Monde. Un ministre indien ne rappelait-il pas récemment avec ironie qu’eux au moins sont capables de respecter les critères de Maastricht si l’envie prenait un jour à la communauté internationale d’exiger une saine gestion des Etats. Mais qui peut imaginer dicter quoi que ce soit à ces nouveaux moteurs de l’économie mondiale quand les anciennes puissances sont incapables de gérer leurs finances publiques ou dépendent de la Chine pour financer leur dette, à l’image des Etats-Unis?

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